Sécurité Sociale de l'Alimentation - Bedoin Ventoux - Episode 01

Sécurité sociale de l’alimentation

Épisode 01 : partir d’une page blanche

Comment l’intelligence collective peut-elle inventer de nouveaux modes de consommation… pour faire respecter notre droit à une alimentation choisie ?

Aujourd’hui, je vous emmène au cœur de la création d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation car j’ai le plaisir de suivre pendant un an avec mes micros un des projets en cours en France. Direction le pied du Mont Ventoux, pour rencontrer l’équipe du projet porté par le Collectif Citoyen Bédoin Ventoux & l’association AVEC de Mormoiron. 

Première étape : faire de ce projet un projet de territoire et impliquer réellement les habitant·es pour qu’il soit adapté à leurs besoins.

Car oui avoir accès à une alimentation saine est un droit, inscrit depuis 1948 dans  l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais attention : le promettre sur le papier c’est une chose, le rendre réel et choisi dans l’assiette, en est une autre.

C’est pourquoi le collectif a choisi de partir d’une page quasiment blanche pour construire cette SSA, la Sécurité Sociale de l’Alimentation. Le groupe peut quand même s’appuyer sur des fondations déjà bâties par d’autres projets plus avancés, et notamment sur l’expérience de Cadenet, juste à côté, dans le Vaucluse.

Allez, direction le centre culturel en plein centre de Bédoin, où s’est réuni un groupe d’une cinquantaine de personnes. Il fait froid dehors, mais ça chauffe à l’intérieur.

L’invitation ? Rejoindre un atelier collaboratif pour co-construire le projet.

L’objectif : récolter les idées, les besoins et les envies de celles et ceux qui mangent, comme de celles et ceux qui produisent.

Vous allez l’entendre : les échanges ont été intenses, parfois joyeux, toujours sincères pour permettre de changer leur rapport à la nourriture, ici, sur leur territoire.

Écoutez, vous allez comprendre. 

Pour aller plus loin

Vidéo de la confédération paysanne sur la SSA

Encore des patapes - BD de la CIVAM sur la Sécurité Sociale de l'Alimentation

Suivre l’aventure SSA Ventoux et les autres actions du Collectif citoyen Bedoin Ventoux sur leur site internet

Le site avec toutes les actions du Collectif Citoyen Bedoin VentouxPage Facebook @collectifcbv
Le site de la Sécurité Sociale de l’Alimentation
La BD de la CIVAM sur la SSA dessinée par Claire Robert
Un autre projet de SSA dans le Vaucluse

Collaboration commerciale : Le projet de SSA Ventoux et cette série de podcasts sont financés par Le programme européen Leader, La région Sud, Le département du Vaucluse avec l’appui du Parc Naturel Régional du Mont Ventoux.

Création du jingle d’Esperluette par Jean-Philippe Drécourt – Noise Wrangler dont vous pouvez retrouver l’interview ici.

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Marie-Cécile Drécourt - production de podcast à Avignon, Carpentras, Vaucluse, Monteux, Orange. Credit Photo : Audrey Papadopoulos

Produit par Marie-Cécile Drécourt

Productrice de podcasts depuis 2018 et anthropologue de formation, je crée des récits audio qui mettent en lumière les personnes, les métiers, les initiatives et les liens qui tissent notre quotidien.
Avec Esperluette, j’explore des histoires humaines, sociales, artistiques ou solidaires, ancrées dans le Vaucluse… et au-delà.
Forte de 20 ans d’expérience en communication et narration, j’accompagne également les entreprises, associations et indépendant·es dans la création de contenus audio authentiques, sensibles et pédagogiques.

👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Épisode dédié dans Esperluette : un format sensible pour mettre en lumière votre mission, vos valeurs ou vos engagements.
Le Podcast Suspendu® : un dispositif solidaire pour offrir un épisode à une association ou une initiative qui vous tient à cœur.
Podcast en marque blanche : je conçois et produis votre podcast de A à Z, pour porter votre voix et vos histoires.
Accompagnement / Formation : je vous aide à créer et structurer votre podcast en toute autonomie, avec méthode et bienveillance.

Pour les malentendant·es ou celles & ceux qui préfèrent lire, l’épisode est entièrement retranscrit ci-dessous :

Comment l’intelligence collective peut-elle inventer de nouveaux modes de consommation pour faire respecter notre droit à une alimentation choisie ?

Je suis Marie-Cécile, alias Esperluette, l’anthropologue du quotidien. Aujourd’hui, je vous emmène au cœur de la création d’une sécurité sociale de l’alimentation. Car j’ai le plaisir de suivre pendant un an, avec mes micros bien sûr, un des 40 projets en cours en France. Vous pouvez suivre celui porté par le collectif citoyen Bédoin-Ventoux et l’association Avec de Mormoiron. Première étape, en faire un projet de territoire et impliquer réellement les habitants et habitantes pour qu’ils soient adaptés à leurs besoins. Car oui, avoir accès à une alimentation saine est un droit, inscrit depuis 1948 dans l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Mais attention, le promettre sur le papier, c’est une chose. Le rendre réel et choisi dans l’assiette, c’en est une autre. C’est pourquoi le collectif a choisi de partir d’une page quasiment blanche pour construire cette SSA, la Sécurité Sociale de l’Alimentation. Mais le groupe peut quand même s’appuyer sur des fondations déjà bâties par d’autres projets plus avancés, et notamment sur l’expérience de Cadenet, juste à côté dans le Vaucluse. Allez, direction le centre culturel en plein centre de Bédoin, où s’est réuni un groupe d’une cinquantaine de personnes. Il fait froid dehors, mais ça chauffe à l’intérieur. L’invitation, rejoindre un atelier collaboratif pour co-construire le projet. L’objectif, récolter des idées, les besoins et les envies de celles et ceux qui mangent, comme de celles et ceux qui produisent. Vous allez l’entendre, les échanges ont été intenses, toujours joyeux et sincères, pour permettre de changer leur rapport à la nourriture, ici, sur leur territoire. Écoutez, vous allez comprendre.

Comprendre la Sécurité Sociale de l’Alimentation : les bases

Avant de lancer les échanges, l’idée est d’abord de rappeler ce qu’est une sécurité sociale de l’alimentation, grâce à un film réalisé par la Confédération Paysanne. Puis, de présenter l’état d’avancement du projet porté par le collectif, car c’est important qu’à chaque fois, tout le monde participe aux ateliers avec la même base d’informations.

[Extrait du film Confédération paysanne]

Les différentes crises sociales ou climatiques ces derniers temps ont montré que le système alimentaire tel qu’il existe ne répond pas aux besoins en alimentation de la population en général. D’un côté, on a des paysans qui ont du mal à tirer un revenu de leur activité. De l’autre, de plus en plus de personnes sont dans la précarité alimentaire. À la Conf, on travaille sur la proposition d’une sixième branche de la sécurité sociale, celle de l’alimentation, qui reposerait sur trois piliers. L’universalité, c’est un accès pour tous à une alimentation choisie. Le financement par la cotisation, c’est un financement où chacun finance selon ses moyens pour recevoir selon ses besoins. Le conventionnement, c’est la sécurité d’un revenu pour tous les paysans. C’est un contrat entre le producteur et celui qui mange.

[Fin Extrait du film Confédération paysanne]

PARTICIPANT 02
Petit résumé assez succinct de ce que c’est que la Sécurité Sociale de l’Alimentation et les bases pour la faire fonctionner.

PARTICIPANT 01
Ça se base aussi sur un principe de démocratie alimentaire. La connaissance, l’information, c’est les bases de la démocratie. On choisit bien son alimentation. Quand on connaît ce que ça veut dire, une alimentation saine et durable, ça peut vouloir dire des choses complètement différentes sur les gens. On a des injonctions publicitaires très fortes. Il faut que je sois bio, il faut que je sois ci, il faut que je sois là, que j’arrête de manger du produit laitier. Tout ça, ça se travaille ensemble pour choisir en fonction des territoires ce qui correspond à ce dont on a besoin. Pour bien choisir, il faut savoir.

PARTICIPANTE 01
L’idée de la Sécurité Sociale de l’Alimentation, c’est que c’est une idée macroéconomique qui devrait s’appliquer à l’ensemble de la population. Mais pour l’instant, on n’a pas le rapport de force qui permet de faire cette chose-là. Donc on fait des expérimentations dans tous les coins pour arriver à monter que ça fonctionne, que ça change les choses et que ça sort, comme c’est dit dans la petite vidéo, les personnes en précarité alimentaire, de la stigmatisation de l’aide alimentaire.

PARTICIPANTE 02
Mais derrière, il faut qu’il y ait des associations comme la nôtre, comme le collectif citoyen pour organiser les choses et réfléchir, organiser des ateliers culinaires, le musée des rencontres, se nourrir ensemble de toute cette connaissance, en fait. On a besoin de ça.

PARTICIPANTE 01
Sur le projet qui va avoir lieu sur le territoire du Ventoux, nous, notre objectif, c’est de constituer un groupe de citoyens représentatifs du territoire qui va être formé et qui va pouvoir ensuite travailler à ce qu’on choisit, nous, comme type d’expérimentation. Est-ce qu’on part sur une cotisation ? Est-ce qu’on va aller chercher de l’argent à droite, à gauche ? Voilà, ce n’est pas nous ici qui organisons aujourd’hui qui allons forcément décider du système qui sera mis en place, pas du tout.

PARTICIPANTE 03
Tout ça, ça veut dire que quand il y a des animations, des ateliers, ça veut dire aussi que l’alimentation, c’est un système avec du conditionnement, avec tout ça, et pas que. Et que du coup, il y a aussi un facteur culturel, il y a un facteur de vivre ensemble, il y a plein de choses qui se greffent autour de l’alimentation. Donc quand on parle de sécurité sociale de l’alimentation, là, il y a des choses qui peuvent être un peu techniques, mais il n’y a pas que de la technique. Et l’idée, c’est qu’est-ce qu’on a envie de construire sur le territoire ? Est-ce qu’on a envie de construire quelque chose qui est foncièrement technique ? Ou est-ce qu’on a envie de construire quelque chose qui rassemble, qui crée du lien… Et donc en fait tout à l’heure ça sera que chacun puisse donner son point de vue sur qu’est-ce qu’on a envie d’ouvrir pour la suite.

PARTICIPANT 01
C’est pour ça que ça s’appelle, expérimentation vers une Sécurité Sociale de l’Alimentation, c’est pas encore la Secu.

Faut-il garder le nom Sécurité Sociale de l’Alimentation ?

MARIE CECILE
Pour lancer ce projet, il faut créer un langage et des valeurs communes. Et pour cela, il est temps de se réunir en petits groupes et de réfléchir ensemble autour de 5 questions clés. Première étape, s’approprier le concept même de Sécurité Sociale de l’Alimentation. Faut-il garder ce terme institutionnel ou en trouver un plus parlant pour le plus grand nombre ?

PARTICIPANT 04
Sur la définition, unanimité pour dire…

PARTICIPANTE 04
Non, non, non, pas unanimité. Vous comprenez pourquoi ça a été long ? (rires) Non on n’était pas unanimes. Moi, j’ai dit que j’ai trouvé ça moche.

PARTICIPANT 04
Bon. Alors, majorité pour dire sécurité sociale de l’alimentation, c’est OK car c’est un repère connu.

PARTICIPANTE 05
Mon avis personnel, c’est que quand on voit sécurité sociale, c’est un peu pompeux. À la fois, ça veut dire c’est accessible pour tous et tout ce qu’on a décliné. Et à la fois, comment dire ça plus simplement et toucher davantage.

PARTICIPANT 02
Il y a un côté un peu ronflant, un peu institutionnel et avec tout ce qu’on entend maintenant dans les médias de déficit de ci, de déficit de ça, il y a un côté un peu, pas péjoratif, mais un peu dépréciatif de ce terme aujourd’hui.

PARTICIPANT 05
D’abord, il y avait un consensus sur le fait que le groupe n’aimait pas trop pour le côté punitif, puisque la sécurité, le côté technique, le côté sérieux et le côté maladie aussi, par rapport à la sécurité sociale. Je vous propose deux formules. Le collectif du bien manger pour tous ou le portail vers l’alimentation de qualité.

PARTICIPANTE 06
Manger bien dans nos villages, vers une alimentation durable, caisse sociale alimentaire, manger sain à petit prix et après on a repris à prix juste, alimentation respectueuse du vivant.

PARTICIPANTE 07
On s’est mis d’accord sur sécurité citoyenne de l’alimentation et en privilégiant bien sûr l’aspect qualitatif, bien se nourrir en quantité et qualité suffisante.

PARTICIPANTE 05
Mangeons mieux ensemble demain.

PARTICIPANT 02
Pourquoi pas ? Pourquoi pas ?

PARTICIPANTE 08
Oui, il y a un côté revendicatif là. Et engagé, mais oui, c’est ça. Par contre, ça n’est pas rêvé. On revendique peut-être revendicatif.

PARTICIPANT 06
Il faut trouver les bons mots.

Mémoire et transmission : le pouvoir des souvenirs alimentaires

MARIE CECILE
Trouver les bons mots, clairement, ce n’est pas le plus facile. Chaque mot ramène à une expérience personnelle, positive ou négative. Et quand on arrive à trouver des mots clairs pour tous, eh bien, ça ne fait pas toujours rêver. Pour ouvrir la réflexion, la deuxième partie de l’atelier a demandé aux participants et participantes de se plonger dans leur vécu. Partager des souvenirs, des goûts, des bons et des moins bons moments, toujours autour de l’alimentation. Et vous vous doutez bien que quand on lance des Français sur des souvenirs de table, ça anime tout le monde !

PARTICIPANTE 08
Moi j’avais une voisine qui faisant des gâteaux marocains. Je me souviens de ce goût et je lui avais demandé la recette. Je n’ai jamais réussi à faire le même et à retrouver ce goût-là. Elle avait une certaine nostalgie aussi. Ah oui, c’était quand j’étais jeune.

PARTICIPANTE 05
La petite Madeleine de Proust.

PARTICIPANT 06
Moi, quand j’ai ma fille au téléphone, elle me parle de recettes qu’elle fait que j’ai faites à la maison.

PARTICIPANT 02
Il y a le côté transmission et il y a aussi le côté juste d’être ensemble. Sans forcément que j’ai à transmettre ou à recevoir. On prépare quelque chose ensemble. On va partager ensuite au moment du repas ensemble. Donc il y a effectivement le côté transmission, familial ou autre. Il y a aussi le côté juste partage, un moment partagé qui est vachement chouette.

PARTICIPANTE 09
Bien sûr, oui. Partage et donc découverte de nouveau mais, de nouveau une préparation qui apporte du plaisir et qui te donne envie. Voilà, on en discute, on a envie d’essayer, etc.

PARTICIPANTE 08
Et la découverte de nouvelles saveurs aussi. La manière de cuisiner d’un endroit à l’autre, elle n’est pas la même.

PARTICIPANTE 05
Ça permet aussi des rencontres. La tradition aussi.

PARTICIPANTE 08
La tradition. Après, c’est vrai qu’en France, on aime bien la bouffe !

PARTICIPANTE 09
C’est marrant parce que moi, j’ai conservé ça longtemps le vendredi parce qu’à l’école, les enfants avaient le poisson pendant longtemps nous-mêmes mais après nos enfants…

PARTICIPANTE 08
Les cantines. La cantine, on peut en discuter aussi.

PARTICIPANTE 09
Mais voilà, ce n’était pas les meilleures références mais effectivement, on peut découvrir plus tard le bon goût du poisson et ce que ça nous apporte.

PARTICIPANTE 10
La découverte des produits locaux aussi parce que ça n’a pas du tout le même goût par exemple, un morceau de Cantal et celui qu’on mangeait à la cantine.

PARTICIPANTE 07
Ce qui ressort, c’est que le côté participatif, partagé, faire découvrir, être dans cette convivialité-là.

PARTICIPANT 05
Et des souvenirs moins heureux qu’il faut noter quand même comme par exemple les allergies alimentaires, les moments où on s’est forcé quand on était enfant, les fins de mois étudiantes où on est obligé de manger des pâtes au beurre ou à l’huile. C’est des choses qu’il faut avoir en tête. Et faire cohabiter aussi, très important ça sur les histoires, faire cohabiter les régimes alimentaires. Par exemple, le côté végétarien, les régimes spéciaux liés aux religions.

PARTICIPANT 02
Moi, je me mettrais plus sur le terrain du festif. Moi, j’ai des souvenirs de petits festivals où on était tous à cuisiner en même temps et après à tous partager avec de la musique, des choses autour. Et c’est vraiment des souvenirs qui sont indélébiles, ils sont formidables. Et c’est moi, c’est ces moments-là où je prends le plus de plaisir à cuisiner. Quand je cuisine tous les jours à la maison pour les enfants et tout, je le fais, il faut le faire. Mais quand je le fais avec un objectif derrière de,… je ne sais pas plus grand, une notion de transcendance, c’est des moments qui sont… Pourtant je fais la même, on mange, c’est rien de plus ni de moins mais je ne le vis pas de la même manière que c’est…

MARIE CECILE
Il y a la notion de plaisir en fait.

PARTICIPANT 03
Même plaisir de faire. Et plaisir de faire plaisir !

PARTICIPANT 02
C’est ça.

Rêver ensemble : à quoi ressemblerait une SSA idéale ?

MARIE CECILE
L’alimentation, c’est donc un lien. C’est le plaisir de faire et le plaisir de faire plaisir. Et c’est aussi ce que le projet de SSA veut impulser. Mais pour cela, il faut se projeter dans une vision commune. Il faut rêver de la SSA parfaite et de ce qu’elle apportera aux bénéficiaires.

PARTICIPANT 04
Le rêve : Tout le monde mange à sa faim. Créer des emplois. Les gens qui choisissent et non les industriels. La fin du système agroalimentaire. Le juste paiement des agriculteurs. Plus de main-d’œuvre, donc plus de gens dans les champs. Plus de démocratie. Productions plus variées pour pallier les manques en local.

PARTICIPANTE 05
Gratuité avec juste rémunération des producteurs. Alimentation saine et de proximité pour les mangeurs avec production locale privilégiée. Et ensuite, lieu de partage et de convivialité et cuisine collective.

PARTICIPANT 05
Le premier point qui nous a semblé important c’est le côté pratique. Il faut que ça s’insère bien dans le quotidien des consommateurs et des producteurs. C’est-à-dire au niveau du lieu que ce soit facile au niveau des horaires que ce soit facile que ce soit pratique. Deuxième point qu’il y a un volet autour de la pédagogie de la transmission de l’animation pour savoir utiliser les aliments. Et troisième point du système idéal, qu’il y ait des producteurs présents déjà, diversifiés avec de la transparence sur la provenance et sur le mode de conduite agricole.

PARTICIPANTE 01
Pour nous, ce qui est important c’est d’aider les gens à devenir acteurs de cette sécurité sociale pour ne pas retomber dans la sécurité sociale la caisse maladie où finalement on nous a appris : on est malade, on va chez le médecin, on nous donne des médicaments, on se soigne, on nous consomme etc. Donc vraiment l’importance d’être acteur de cette sécurité sociale alimentaire. Et donc d’être accompagné par les caisses locales qui seraient gérées par les citoyens et on accompagne tous les acteurs ceux qui vendent ceux qui consomment et ceux qui produisent.

PARTICIPANTE 06
Garder assez de terre pour faire des cultures nourricières. Plus de maraîchers et diversifier. Donner les moyens aux consommateurs d’acheter des produits (fruits et légumes). Manger mieux mais moins et faire la cuisine produits bruts, faire son pain soi-même.

Feuille de route : les premiers pas concrets vers la Sécurité Sociale de l’Alimentation

MARIE CECILE
Ok, maintenant on a rêvé car on rêve pour se projeter vers une réalité à construire. Mais quelles sont, toujours selon les participants et participantes, les étapes pour arriver à bâtir ce rêve ? Car oui il faut bien rêver, mais il y a un moment il faut poser un plan d’action.

PARTICIPANT 05
D’abord s’inspirer de ce qui existe faire un état des lieux 2 – Communiquer, faire monter la sauce, mettre en lien un peu comme ce qui se fait aujourd’hui. 3 – Trouver de l’argent pour la pérennité du système ce qui implique forcément une forme de lobbying politique. 4 – Dialoguer en groupe pour définir les règles du système.

PARTICIPANTE 05
Financement public avec cotisation. Éducation au bien manger santé et environnement dans les programmes scolaires. Pour éviter le gâchis alimentaire : amélioration des cantines. Et enfin, magasins de producteurs et de consommateurs présents dans tous les villages et les villes.

PARTICIPANT 04
Ce qu’on a dit, c’est qu’on partait des expérimentations locales pour essayer de forcer le national à prendre en compte et apporter un poids aux gens qui veulent créer une loi sur la sécurité sociale de l’alimentation.

PARTICIPANTE 06
Connaître les paysans du territoire. Créer des espaces tests pour l’installation des paysans. Pouvoir avoir accès à des jardins partagés ou collectifs, former des paysans. Définir un fonctionnement ou des circuits de commercialisation.

MARIE CECILE
Différents plans d’action ont été proposés? maintenant il faut se lancer; Dernière question de la journée quel est le ou les premiers pas à faire pour concrétiser ces actions ?

PARTICIPANT 05
D’abord, de l’entraide entre citoyens potentiels consommateurs à l’échelle du territoire et donc prendre en compte cette dimension territoriale. Ensuite, faire connaître et diffuser, en s’appuyant sur ce qui existe, en proposant des actions festives, participatives, inclusives, gratuites. Ce qui existe par exemple c’est les marchés. Donc on parlait de la caravane tout à l’heure : pourquoi pas venir avec la caravane sur des marchés du soir à Bédoin à Villes-sur-Auzon pour faire connaître, et faire monter la sauce. Aller dans les centres sociaux qui existent aussi. Troisième partie du déploiement : développer des micro-projets pour tester, voir ce qui marche, évaluer au fur et à mesure pour ne pas se lancer dans des projets trop brouette à moteur.

PARTICIPANTE 06
Information pour tout le monde. Constituer un groupe de personnes qui décident démocratiquement et représentatives. Trouver le soutien commune, intercommunalité, PNR, CCAS, et définir le territoire. Travail sur les cantines

PARTICIPANTE 01
D’abord, pour créer le groupe de gens qui bénéficieraient de cette sécurité sociale : organiser des repas cuisinés dans la rue. Une fois qu’on a réuni un groupe représentatif du territoire, parce que c’était ça qui nous semblait important : c’est comment réunir un groupe d’accord mais qui soit représentatif. Donc il nous faut un lieu, des animateurs, quelles compétences on va leur donner, quel sera le rythme de travail ?

PARTICIPANT 02
Est-ce que justement le premier pas c’est pas d’avoir un lieu, un apéro. Avoir un lieu où on peut se retrouver, on peut cuisiner ensemble, et on peut partager ces moments-là avec de la viande, sans la viande, c’est pas forcément toujours la même chose. Ca, ça peut être un peu plus.

PARTICIPANTE 08
On revient sur l’idée, du bar associatif en fait, un lieu qui soit géré par les bénévoles et qui soit l’occasion de se rassembler, partager. Mais l’idée c’était aussi d’aller vers des publics qui ne sont « pas sensibilisés » à ces notions.

PARTICIPANT 04
Les ateliers culinaires sont revenus fréquemment. L’organisation des transports c’est-à-dire qu’actuellement s’il faut aller de ferme en ferme pour aller chercher sa bouffe etc ça pose des problèmes et donc comment on organise je veux dire pour que… Ast-ce que c’est des magasins de producteurs, est-ce que c’est du covoiturage qui permet d’aller ? Et ensuite toujours dans les premiers pas aider à l’installation de maraîchers de producteurs sur Bédoin

[musique]

Conclusion : l’intelligence collective en action

MARIE CECILE
Pas facile en une journée de trouver toutes les réponses et ce n’était d’ailleurs pas l’objectif de ces échanges. Pour faire bouger les lignes sur un sujet aussi central que notre alimentation, il faut se laisser le temps, laisser décanter comme un bon vin tester, déguster les réussites et analyser les ratés. Une chose est certaine, l’alimentation c’est ce qui rythme nos journées, c’est la base de nos traditions et des premiers liens que nous créons ou pas avec notre famille, puis avec les différents groupes auxquels nous appartenons. Le collectif n’a pas encore résolu tous les problèmes mais il a activé un mécanisme essentiel celui où la solution ne vient pas d’un expert mais de la confrontation bienveillante des intelligences.
« On en a marre de poireauter en attendant que les choses changent ! »
Cette phrase, sortie d’une BD, résume tout. Sur le territoire du Ventoux, ils et elles ne poireautent plus. Ils écrivent, grâce à l’intelligence collective la suite de leur histoire. Et cette suite, je vous la raconterai bientôt dans la suite du reportage réalisé au fil des actions menées par le collectif. Un projet financé par le programme européen Leader, la Région Sud, le Département du Vaucluse avec l’appui du Parc Naturel Régional du Mont Ventoux. Restez connectés pour entendre comment le projet va avancer.
A très vite, Je l’espère-luette évidemment !