C’est le retour des Rencontres sur Esperluette et pour ce retour j’ai décidé de vous proposer non pas de chouchouter vos oreilles mais vos pieds !
Et en prime, c’est une belle histoire de famille que je vais vous faire découvrir.
Partie d’une idée folle, comme souvent, cette belle histoire lie Marie et Fabienne, la fille et la mère, qui ont décidé il y a quelques années de créer une marque de chaussures “barefoot” écoresponsable à Carpentras.
Cette marque s’appelle Telito. Si vous êtes carpentrassien·ne, vous êtes peut-être déjà passé·es devant cette très jolie petite boutique à côté de la porte d’Orange, sans vous rendre compte qu’à l’intérieur se trouvent des chaussures minimalistes, ultra souples et confortables, qui respectent la morphologie du pied et lui donne sa pleine liberté de mouvement.
Marie et Fabienne vont vous expliquer tout cela en détails et peut-être qu’après vous aurez envie d’aider vos pieds à retrouver leur état naturel. Je me balade en barefoot depuis 6 mois grâce à elles et je vous assure je ne regrette pas !
Bonne écoute !
Retrouvez Telito sur Facebook et Instagram
au 71 rue Porte d’Orange à Carpentras ou sur la boutique en ligne telito-creations.com

Interviewée enregistrée en 2023
En résumé : Comprendre les chaussures barefoot
Qu’est-ce que la chaussure barefoot (ou minimaliste) ? La chaussure barefoot est conçue pour respecter la morphologie naturelle du pied, à l’inverse des chaussures classiques qui le contraignent. Elle se distingue par trois caractéristiques techniques essentielles :
- Une forme anatomique : L’avant de la chaussure est large pour laisser les orteils s’écarter et bouger librement.
- Une semelle fine et plate : Aucune voûte plantaire, aucun renfort et aucun talon (drop zéro). Le pied reste parfaitement à plat pour retrouver son amorti naturel.
- Une souplesse totale : La chaussure suit tous les mouvements du pied sans les limiter, offrant un contact riche avec le sol (proprioception).
L’objectif est de permettre au pied de jouer son rôle d’amortisseur (via l’avant-pied et non le talon), de renforcer la musculature des pieds et des chevilles, et d’améliorer la posture globale pour réduire les douleurs de dos, de genoux ou de hanches.
En résumé : La marque Telito ?
Telito est une aventure familiale née à Carpentras (Vaucluse), portée par Marie (designer) et sa mère Fabienne.
La philosophie : Au-delà du produit, Telito vise à importer l’élégance dans le barefoot pour une utilisation quotidienne, tout en agissant comme un outil de prévention santé. C’est un projet de vie qui donne du sens à leur parcours familial, avec l’ambition d’apporter leur « goutte d’eau » pour le bien-être des gens et de la planète.
Le déclic : Après avoir découvert les bienfaits des chaussures barefoot pour soulager des douleurs posturales et des problèmes de pieds (notamment liés au handicap du frère de Marie), Fabienne et Marie constatent qu’il n’existe aucune marque française proposant des modèles citadins, élégants et éco-responsables. Les offres existantes sont majoritairement sportives ou étrangères.
La création : Guidées par le désir de créer une chaussure « passe-partout » qui ne stigmatise pas le porteur, elles conçoivent leurs propres modèles (comme la « Primi »). Elles font le choix de matières naturelles et recyclées (toile, chanvre, bambou, caoutchouc naturel) et d’une production éthique au Portugal, dans des ateliers avec lesquels elles travaillent en direct pour sortir des normes industrielles classiques.
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Produit par Marie-Cécile Drécourt
Productrice de podcasts depuis 2018 et anthropologue de formation, je crée des récits audio qui mettent en lumière les personnes, les métiers, les initiatives et les liens qui tissent notre quotidien.
Avec Esperluette, j’explore des histoires humaines, sociales, artistiques ou solidaires, ancrées dans le Vaucluse… et au-delà.
Forte de 20 ans d’expérience en communication et narration, j’accompagne également les entreprises, associations et indépendant·es dans la création de contenus audio authentiques, sensibles et pédagogiques.
👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Épisode dédié dans Esperluette : un format sensible pour mettre en lumière votre mission, vos valeurs ou vos engagements.
Le Podcast Suspendu® : un dispositif solidaire pour offrir un épisode à une association ou une initiative qui vous tient à cœur.
Podcast en marque blanche : je conçois et produis votre podcast de A à Z, pour porter votre voix et vos histoires.
Accompagnement / Formation : je vous aide à créer et structurer votre podcast en toute autonomie, avec méthode et bienveillance.
Si vous préférez lire l’interview de Marie et Fabienne, la retranscription complète est ici :
Telito : l’histoire d’une marque de chaussures barefoot née en famille
MC
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cette nouvelle rencontre d’Esperluette, le podcast à l’écoute des belles énergies entrepreneuriales, artistiques et associatives de mon territoire, le Vaucluse. Pas besoin d’être Vauclusienne ou Vauclusien pour m’écouter ; ce podcast, c’est surtout une bonne dose d’énergie positive qui va vous inspirer et peut-être même vous donner envie de partir à la découverte des personnes qui font votre propre territoire.
Esperluette, c’est un podcast un petit peu particulier car vous pouvez y écouter plusieurs formats différents : interviews, plateaux d’échanges sur une thématique et chroniques. Pour découvrir tout ça, rendez-vous sur esperluette-podcast.fr.
Je suis Marie-Cécile Drécourt, la productrice de ce podcast, et aujourd’hui c’est une belle histoire de famille que je vais vous faire découvrir. Partie d’une idée folle, comme souvent, cette belle histoire lie Marie et Fabienne, la fille et la mère, qui ont décidé il y a quelques années de créer une marque de chaussures barefoot éco-responsable à Carpentras.
Cette marque s’appelle Telito et vous êtes sûrement déjà passé devant cette très jolie petite boutique à côté de la porte d’Orange sans vous rendre compte qu’à l’intérieur se trouvent des chaussures minimalistes, ultra souples et confortables qui respectent la morphologie du pied et lui donnent sa pleine liberté de mouvement. Marie et Fabienne vont vous expliquer tout cela en détails et peut-être qu’après vous aurez envie d’aider vos pieds à retrouver leur état naturel. Personnellement, je me balade en barefoot depuis six mois grâce à elles et je vous assure, je ne regrette pas. Bonne écoute !
Des accessoires de mode à la révolution barefoot
Fabienne
Bonjour, je suis Fabienne.
Marie
Et moi Marie, nous sommes les créatrices de la marque Telito. Notre marque de chaussures barefoot éco-responsable que nous avons lancée en 2021. J’ai créé Telito en septembre 2013 après avoir terminé mon BTS en design de mode. Au départ, Telito, c’était vraiment moi qui créais des objets, accessoires. On était sur des pochettes, des sacs, des trousses de toilettes, des petites choses comme ça. C’était pour moi un premier pas avant d’éventuellement faire du vêtement. Pour un lancement, je voulais des choses un peu simples qui puissent convenir au plus de monde possible.
Et puis, un peu moins d’un an plus tard, j’ai ouvert la boutique à Carpentras, rue de la Porte d’Orange. Et c’était mon atelier et la boutique jusqu’en 2017 à peu près. 2017, mon compagnon a trouvé du travail sur Lyon, donc j’ai décidé de le suivre. Et c’est là que Fabienne est rentrée dans l’aventure.
Fabienne
Voilà, moi, comme je suis une ancienne mère au foyer, j’ai dit : « C’est dommage d’arrêter en fait », et j’ai proposé à ma fille de reprendre la boutique et qu’elle continue à fabriquer et que moi je sois à la vente. Et donc c’est ce qui s’est passé. Et puis, quelques mois après, j’ai commencé à m’intéresser aux chaussures barefoot qui sont minimalistes. Je ne connaissais pas du tout et je suis allée sur un salon bio pour redécouvrir une marque. Et avec mon mari, on est revenu avec plusieurs paires, voilà, on a eu un vrai coup de cœur et surtout après un vrai ressenti, déjà assez immédiat, quand on met le pied dans la chaussure. Et puis, au fur et à mesure de les porter, vraiment un ressenti très intéressant sur le corps, sur les effets.
Et donc j’ai décidé, enfin nous avons décidé de rentrer la marque, parce qu’en fait pour moi c’était nécessaire que les gens aient un conseil et que les gens puissent essayer. Et il y a très peu, très très peu de boutiques en France. Et donc pour moi, ça me paraissait nécessaire d’avoir au moins un petit lieu où proposer ça. Donc c’est ce qu’on a fait. Et puis, Marie aussi a porté les barefoot, enfin toute la famille.
Marie
En fait oui, elle est revenue de ce salon en me disant : « Il faut que tu essayes, c’est génial, j’ai vraiment envie de le partager avec tout le monde, que tout le monde le sache parce que c’est tellement exceptionnel qu’il faut que tout le monde le sache ! Donc, est-ce que ça va si on rentre dans la petite boutique des chaussures en plus de tes créations ? » Et on a dit : « Bon allez, go ! » Et puis on a eu la possibilité d’agrandir la boutique, donc superficie doublée. Donc il y avait de la place pour les chaussures.
Quand j’ai commencé à porter ce type de chaussures, donc vers 2017-2018, en étant du coup partie sur Lyon, j’ai travaillé dans un grand magasin de tissus, donc à être debout et à marcher énormément toute la journée et avoir mal au dos avec mes chaussures classiques, enfin voilà. Et à partir du moment où j’ai changé, je me suis dit : « Mais waouh, c’est fou quoi. Pourtant je fais la même chose, je porte les mêmes rouleaux de tissu, je marche pareil, tout ça. » Et en fait, il y a un vrai bienfait. Et d’ailleurs, j’ai d’autres collègues qui s’y sont mises parce qu’elles se sont dit : « Non mais nous aussi, on veut être bien dans nos pieds, dans notre corps. » Moi, le mal de dos, c’était surtout ça puisque je suis très grande, au niveau des lombaires, etc. Et vraiment, il y a un mieux-être qui est assez fou.
Fabienne
Moi, j’avais des semelles pendant 6 ans et donc j’ai fait le choix d’arrêter mes semelles pour mettre ces chaussures. J’ai déjà de suite pu eu mal à mon hallux valgus. Je me suis redressée vraiment naturellement et j’ai mon bassin qui est stabilisé, j’ai vraiment des progrès au niveau postural et ça, donc c’est vraiment très intéressant, vraiment ce bien-être. Et au fur et à mesure aussi qu’on les porte, on a de moins en moins de fatigue des pieds et des jambes. Et avec, je vois quand on marche en famille ou avec mon mari ou peu importe, en fait, on n’a plus de fatigue des pieds et des jambes. Et ça, on ne sait pas jusqu’à quel point on pourrait marcher, mais c’est assez intéressant. On peut avoir une fatigue physique, mais plus dans les pieds et les jambes, plus avoir cette envie d’enlever nos chaussures quand on a marché et qu’on arrive quelque part le soir.
C’est vraiment devenu une deuxième peau et ce contact avec le sol, il est riche aussi, cet automassage, enfin il y a plein d’effets bénéfiques, en tout cas que moi j’ai ressenti.
Le défi de la production : créer une marque barefoot française éco-responsable
Dans les chaussures barefoot, en fait, il y a très peu de marques. En France, il n’y en avait pas. C’est très peu connu. Même pour travailler avec d’autres pays, c’est parfois compliqué parce que soit ils n’ont pas de revendeurs, ils décident de vendre qu’eux sur internet, donc c’était très compliqué d’élargir la gamme en fait et de trouver d’autres fournisseurs. Et en plus, nous, on voulait vraiment aussi des matières naturelles. Il y avait vraiment une demande sur le citadin pour que la chaussure puisse être un peu plus élégante pour que les personnes puissent aller travailler.
Donc ma fille m’a dit : « Ma maman, puisqu’il n’y a pas, on n’a qu’à les faire. » Voilà, j’ai dit : « Ok, par où on commence ? » Il y a eu ça et puis des rencontres aussi. C’est-à-dire que sur un des premiers salons bio qu’on a fait, il y a un exposant que je ne connaissais pas, mais on a sympathisé très rapidement, qui vend de la literie donc pas du tout de chaussures, et tout de suite il m’a dit : « Mais pourquoi vous ne faites pas votre marque ? » Alors, c’est vrai que ça m’a vraiment très très surpris et je me suis dit : « Ok, ok… » Et puis je suis revenue sur le stand et j’ai dit : « Mon mari, il y a quelqu’un qui m’a dit là : « Mais pourquoi vous ne faites pas votre marque ? » et tout. » Mais j’ai dit : « Ok, mais qu’est-ce qu’on fait, on appelle qui, on fait comment ? » Enfin, mais j’ai senti que voilà, ça résonnait en moi, mais je ne savais pas quoi faire avec ça. Donc on a dit : « Ben oui, on va tenter, on va faire. »
Je trouve qu’on est guidé en fait, assez guidé, et ça se passe très simplement sans… C’est même difficile de l’exprimer parce que c’est presque facile, parce qu’on a les bons noms, les bonnes adresses au bon moment en fait. Et on pense que quand c’est juste, ça se passe comme ça. Et donc, moi, j’ai ma petite sœur qui habitait au Portugal à l’époque, et j’avais déjà réservé les billets d’avion pour aller la voir à Lisbonne. Et puis, quand j’ai pris mes billets d’avion, je ne savais pas que quelques jours après, on allait, quand on serait chez elle, aller voir des ateliers et commencer notre aventure en fait. Mais ça, je le sais, je ne le savais vraiment pas quand j’ai pris mes billets d’avion. Et je ne savais pas que le Portugal était vraiment, avec ce savoir-faire, avec beaucoup d’ateliers… Je ne savais pas du tout qu’ils fabriquaient autant de chaussures et même d’autres choses. Donc j’ai tout découvert, et vraiment pile quand on est parti au bon moment. Donc voir ma sœur, qui a fait justement, comme elle parlait portugais, un petit peu juste le tremplin pour le premier rendez-vous. Et après, on est allé avec mon mari dans la région de Felgeras, c’est là où il y a beaucoup d’ateliers. Et puis on a rencontré une personne qui est devenue notre agent, intermédiaire entre nous et les usines. C’était nécessaire pour nous, parce que là, ça devient un peu plus technique.
Et pour nous, il fallait vraiment qu’on trouve… Enfin, faire fabriquer une chaussure barefoot, donc minimaliste. Et les usines ne connaissent pas forcément, parce que s’ils ne fabriquent que pas ça. Il fallait tout expliquer, et surtout qu’ils comprennent ce qu’on veut. Et là, on les fait sortir de normes, et c’était parfois un peu compliqué de les faire sortir d’une… Parce que la chaussure barefoot, en fait, c’est une chaussure qui va être large à l’avant, pour respecter la morphologie du pied, une chaussure très souple, une chaussure avec une semelle très fine, et…
Marie
Sans voûte plantaire, sans renfort, voilà. C’est vraiment la… À l’intérieur de la chaussure, même à l’extérieur, tout est plat, c’est absolument plat partout. Il n’y a pas de talons, de petits talons, de voûte plantaire. Et ça, c’est quelque chose qui n’est pas courant pour les usines, et c’est vrai que ça a été compliqué pour eux de… Mais en même temps, ils auraient été curieux, ils se sont dit : « Ah mais c’est bizarre, mais ah, qu’est-ce qu’on est bien dedans », parce qu’ils ont mis les pieds dedans, tout ça. Ils les ont découpés pour comprendre à l’intérieur comment ça pouvait se faire. « Ah oui, c’est vraiment si plat que ça, on ne pensait pas », enfin voilà.
Et c’est vrai que là, donc avec ce premier intermédiaire, Patrick, c’est vrai que lui il a beaucoup insisté auprès des usines. Il a vraiment fait un super travail pour leur dire : « Non, il faut plus large, mes clients ils m’ont demandé ça de largeur, il faut atteindre cette largeur-là. » Et eux, ils étaient là : « Mais non, on ne peut pas, c’est pas dans la norme. » Surtout qu’en plus, donc chaque pays a sa norme, mais la France a quand même déterminé une bonne partie des pointures européennes. C’est-à-dire qu’en longueur, un 42, c’est toujours la même longueur. Et la largeur d’un 42 est censée être tout le temps la même à peu près aussi. Et là, donc en longueur, on était bon, ça ne bouge pas, ça restait un 42. Mais alors par contre en largeur, ils ont dit : « Mais non, mais c’est pas possible ! » Voilà, c’était… Donc c’était rigolo. Et après, ils m’ont dit : « On va mettre une légère voûte à l’intérieur. » Et nous : « Non, on ne veut pas de voûte ! » Donc, c’était un peu… Mais au fur et à mesure des prototypes, tout ça, ça s’est concrétisé quoi.
Matières naturelles et conception sur mesure
En plus du côté barefoot qui les déroutait un peu, nous, on est venus avec l’idée de l’éco-responsable. Donc là, il faut savoir qu’à ce moment-là, on est en 2019, quand on commence à réfléchir au projet, et l’éco-responsable, c’est pas aussi tendance qu’actuellement. C’est-à-dire que les grandes marques, elles s’en fichent pour le moment. Et on va chez le fournisseur de tissus, il y a trois matières proposées dans différents coloris, mais il y en a trois. Alors on se dit : « Ok, alors avec ça, on fait quoi ? Est-ce qu’on va réussir à faire des chaussures ? » Donc il y a deux des matières qui matchent ensemble, donc on se dit : « Ok, on peut faire un truc bimatière. » Les couleurs, ça allait, c’était pas foufou, mais ça allait. Et donc on dit : « Bon, on va commencer par ça. » Donc c’est un modèle en toile. On a dit : « Au moins, ce sera un peu le modèle « universel » qui ira à tout le monde, un peu décontracté, mais pas trop, qui peut matcher dans pas mal de looks. » Bon, ok, on part sur ça. Et on part sur le prototype en kaki, kaki beige, le premier prototype. Et on se dit : « Bon voilà, au moins, c’est passe-partout, puis voilà, ça va le faire. » Et puis finalement, ça matche plutôt bien sur le visuel de la chaussure, tout ça, donc on est content.
C’est moi qui dessine les chaussures. Donc on va au Portugal de temps en temps, une fois par an, on essaye, depuis le Covid, pour voir les nouvelles matières. Et c’est moi qui choisis, enfin on choisit ensemble, mais voilà, les associations, les choses comme ça. Et après, ils sont fabriqués en prototype, et après on les teste déjà en termes de pointure. On essaye qu’elles soient toujours bien taillées et qu’une fois que vous avez pris du 42 dans le premier modèle, vous preniez du 42 tout le long dans toutes les gammes. Et puis après, on les teste nous.
Fabienne
Oui, pour vérifier que voilà, elles sont bien, la semelle est bien fine, qu’on ressent bien les sols, enfin tout ce qu’on recherche pour une chaussure minimaliste.
Marie
Et aussi en termes de, enfin voilà, de solidité, parce que voilà, il faut que ce soit une chaussure qui tienne. Le fait que la semelle fasse 5 mm, ça peut effrayer en termes de solidité et d’usure. Alors, à moins que vous fassiez vraiment énormément de kilomètres à pied tous les jours, auquel cas effectivement, ça va s’user. Ça reste une semelle en caoutchouc. Donc, même s’il y a du recyclé, il y a quand même aussi 30% de neuf, caoutchouc neuf. Donc c’est, oui, naturel, neuf. Ça permet en fait, c’est vraiment la composition 70-30 qui fait que voilà, on reste sur une bonne robustesse de la semelle. Et c’est des semelles qui sont quand même utilisées par énormément de très grandes marques. Puisque cette usine de semelles, nous, on est tout tout petits, mais elle fait…
Fabienne
19 000 semelles par jour. Et en même temps, donc elles vont s’user, ça, c’est normal, comme toutes les chaussures. Et après, au fur et à mesure qu’elles s’usent, on va ressentir encore plus ce sol. Mais comme on est sur cette recherche, à la limite, tant que c’est supportable, c’est à chacun aussi de décider. Ça va vraiment être le ressenti, votre propre ressenti quand on va vous inviter à mettre le pied dedans. C’est vraiment ce qui se passe à ce moment-là.
Bienfaits physiologiques du barefoot : retrouver l’amorti naturel
Il y a déjà beaucoup de personnes qui, une fois qu’elles mettent le pied dedans, il y a vraiment… C’est important pour nous. On va l’expliquer ce qui peut se passer. Donc, ça commence déjà par une posture, en fait, un amorti naturel qui se remet en place. Donc notre amorti naturel, quand on est pieds nus, et là, c’est une façon d’être pieds nus toute l’année, donc on est comme pieds nus. Donc l’amorti naturel va se faire avec l’avant du pied. Donc c’est pas pour rien que notre pied est plus large à l’avant. Il est vraiment fait pour amortir. On a des personnes qui viennent juste faire un test, sauter sur place. Elles verront tout de suite quelle partie du pied elles mettent pour amortir. Donc l’amorti se refaisant avec l’avant du pied. On va préserver toute la chaîne posturale. On préserve les genoux, les hanches et le dos. C’est assez physiologique.
Parce qu’il faut savoir qu’aujourd’hui, la plupart des gens amortissent avec le talon, alors qu’il n’est pas fait pour ça. Donc, d’où des douleurs qui peuvent éventuellement apparaître ou des pathologies. Donc là, c’est vrai qu’en général, si c’est des douleurs, vous avez des douleurs posturales, enfin dues à la posture, elles peuvent vraiment diminuer ou disparaître. Et puis, il y a tout ce bien-être aussi au niveau du contact du sol. Ça, c’est assez riche, je trouve. Aujourd’hui, mes pieds sont devenus des mains. C’est vraiment riche cette proprioception. C’est un automassage permanent. On ressent les cailloux, les pavés dans la rue. Tout ça va stimuler notre plante des pieds qui est naturellement proprioceptive. Et on va avoir un automassage permanent. Et on renforce au niveau musculaire les pieds.
C’est vrai que si on est pieds nus, on va faire de la corne. C’est une protection, et notre cerveau va détecter qu’il y a déjà comme une corne puisqu’il y a la semelle. Et donc, ça, c’est un avantage : c’est qu’on va développer au niveau musculaire. On va aussi renforcer sa cheville. On va récupérer un amorti, enfin naturel aussi. Elle va faire son rôle d’amortir. Et on la renforce, on récupère une mobilité. Donc tout ça, c’est une découverte. Enfin, pour moi, en tous les cas, ça a été une découverte parce que j’étais rarement pieds nus. Et je me dis : « Wahou ! » Aujourd’hui, ce serait compliqué pour moi de revenir à des chaussures classiques, parce que c’est compliqué de m’enlever tout ce ressenti. J’ai vraiment cette conscience des pieds et du corps. Et ça peut aller jusque dans tout le corps, puisqu’on a tous un lien aussi : les pieds, les dents et les yeux. Notre corps, il est assez exceptionnel. Et donc, il peut se passer plein de choses.
On a des témoignages vraiment de personnes avec des témoignages différents. Alors, on a apporté un confort, le port des chaussures. Mais c’est surtout le fait qu’elles soient rigides. Et les talons aussi. Le corps compense, on ne se rend pas compte. Mais le corps est obligé, au niveau postural. Les personnes, ça va aller toute leur vie. Mais pour la plupart des gens, c’est vrai qu’il peut y avoir quand même des douleurs qui apparaître.
Briser les codes : élégance sans talon et prévention santé c’est possible
Marie
Côté design, effectivement, le fait qu’on soit à plat, ça pose quand même beaucoup de questionnements chez les gens pour passer à du barefoot. Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. Notamment pour les femmes, parce que le talon, il est considéré comme l’élégance, la féminité. « Si je n’ai pas de talon, je ne suis pas une femme. » Il y a de ça. On voit régulièrement quand même, dans beaucoup de travail, on demande aux femmes de porter des talons, par exemple. Par contre, ça déforme quand même énormément le corps. En général, moi, pour en avoir porté quelques temps il y a quelques années, la première chose qu’on fait en arrivant chez soi, on les jette, on les enlève, on les retire, parce que vraiment, c’était terrible.
Mais du coup, ça se passe aussi chez l’homme. C’est-à-dire que pour les hommes qui sont un peu petits, c’est : « Ah ben ouais, mais non, il n’y a pas de talonnette, il n’y a rien, je vais paraître trop petit. » Et tout ce souci de l’apparence, c’est quand même fortement ancré et je trouve ça dommage que ça soit ça qui soit un obstacle au bien-être finalement. À être mieux. On a même des personnes qui nous ont dit : « Ah, je comprends très bien le concept de vos chaussures, c’est super, mais je reviendrai quand j’aurai mal. » Nous, c’est comme un genre de prévention de porter ses chaussures aussi. C’est-à-dire que ça permet vraiment au corps de déjà s’habituer et puis d’éviter finalement certaines pathologies qui pourraient survenir plus tard. Mais il y en a qui préfèrent attendre d’être mal pour pouvoir essayer les chaussures. Après, c’est un choix de chacun et il faut vraiment faire comme on le ressent pour soi.
Il y en a qui trouvent aussi que c’est un coût d’acheter une chaussure barefoot. Donc ça, on l’entend bien. Après, le coût peut s’expliquer par le fait qu’on doit concevoir intégralement la chaussure. C’est-à-dire que même pour les semelles, on a fait fabriquer des moules dans chaque pointure. Si on veut changer ces moules, il faudra repayer. Tout est conçu pour nous sur mesure. Les emporte-pièces pour découper les tissus, etc. Tout nous appartient à nous maintenant. Mais il faut tout créer à chaque fois de A à Z, puisque la plupart des marques, même de chaussures classiques, par exemple à bas prix, vont prendre chez le fournisseur de semelles des semelles existantes qui n’ont pas de marque dessus. Et en fait, ils peuvent les utiliser. Et c’est nettement moins cher, puisqu’il n’y a pas de moules à fabriquer. Il y a juste les paires de semelles à faire. Et puis aussi, on a la matière recyclée qui fait que…
Fabienne
Aujourd’hui, elle est plus chère.
Marie
Voilà, c’est plus cher. Et après, en même temps, la chaussure barefoot, tout ce qu’elle apporte au corps, ben, vous allez moins chez l’ostéo, vous allez moins… Voilà. En fait, on s’y retrouve financièrement, même au niveau des chaussures. C’est-à-dire que ma mère, qui adorait les chaussures, qu’on achetait tout le temps, qui les mettait pas…
Fabienne
Ah oui, j’étais vraiment fan.
Marie
C’était juste le plaisir d’acheter une jolie paire. Ben, elle n’en achète plus.
Fabienne
Le deuxième aussi, frein, c’est la mode. C’est-à-dire que nous, on ne va pas forcément suivre une mode. Il n’y a pas de collection. Ça ne va pas changer. On va rajouter, bien sûr, on va développer la marque. Mais par exemple, le modèle Primi de base qui plaît bien aujourd’hui, je pense qu’elle va en tout cas durer… On va peut-être changer des couleurs, des choses comme ça, mais on n’est pas comme les autres sur le prêt-à-porter où on a des collections, on change toutes les saisons. On ne va pas suivre la mode, éventuellement, des couleurs tendances de cet hiver ou de cet été. Mais par contre, c’est vraiment un choix de Marie aussi, c’est d’importer l’élégance dans la barefoot. C’est pour ça qu’on est, pour le moment, sur des modèles citadins. Voilà, ça peut être joli aussi d’être dans une chaussure barefoot.
Marie
En fait, les chaussures barefoot, des marques étrangères, puisque pour le moment, en France, on est les rares. En fait, c’est vraiment très basé sur le sport, l’activité sportive, la performance physique. Il y a beaucoup de coureurs, d’ultra trail, de choses comme ça. Voilà, parce que d’un seul coup, on redonne en fait le potentiel à notre corps et finalement, on est plus rapide, on est plus performant. Et nous, on n’est pas du tout sportives. On s’est dit : « Bon, il nous faudrait une chaussure qui nous ressemble, nous. » Donc, plutôt ville, petite balade, voilà, tranquillou. Et fun avec des couleurs, quoi. On avait envie de couleurs. On avait envie, au-delà des matières éco-responsables, on avait envie de choses un peu sympas qui passent plus partout, qu’on ne regarde pas nos pieds en disant : « Qu’est-ce qu’est-ce qu’elle a aux pieds ? »
Parce que, par exemple, la marque qui est quand même assez connue, Five Fingers, où vous avez les cinq doigts séparés, bon, vous arrivez au bureau avec, tout le monde vous a vus. Donc, on a quand même eu envie d’avoir quelque chose d’un petit peu plus passe-partout, un peu plus citadin, urbain. Puisqu’il y a beaucoup d’autres marques qui proposent déjà le côté sportif et qui sont très compétentes là-dedans. Donc, on a dit : « Bon, nous, ça ne nous intéresse pas. » On a fait des chaussures à notre image.
Fabienne
Oui, tout à fait. Voilà. On avait vraiment une demande sur le citadin et les matières naturelles aussi. Donc, notre premier modèle est vraiment avec du coton recyclé, du chanvre, bambou à l’intérieur et cette semelle en caoutchouc naturel avec du recyclé aussi, marc de café, ou chutes de liège. Donc, on répond pleinement… Et puis nous aussi, ça correspond pleinement à notre philosophie de vie. Mais on n’est qu’au début de l’aventure, on a plein de projets, enfin, plein de projets, plein d’envies.
Marie
On est allé au Portugal il y a deux semaines, deux, trois semaines, et on a vu toutes les nouveautés et il y a plein de choses en préparation. Je pense jusqu’à fin 2024 et il y aura de la nouveauté.
Travailler en famille : défis et harmonie
Quand moi, je suis partie sur Lyon, ça m’a soulagée que la boutique, elle ne soit pas « abandonnée », puisque j’avais fait un peu plus dure et que c’est un peu pénible. Puis j’avais des bonnes clientes qui revenaient régulièrement, etc. Donc, ça m’a fait plaisir que ma mère fasse partie de cette aventure. Et puis, ça s’est tout fait pareil au fur et à mesure. C’est-à-dire qu’au départ, on était chacune dans son auto-entreprise et puis, en 2020, on a dit : « Allez, les chaussures vont arriver, c’est parti, on s’associe vraiment en SARL. » Donc voilà, depuis juillet 2020, on est réellement associés, on va dire. Officiellement associés.
Et après, le travail en famille, ce n’est pas forcément évident, parce qu’il y a le travail et la vie familiale. Alors, le fait que je sois à Lyon jusqu’à l’année dernière, ça a « facilité » dans le sens où… Non, justement, ça ne facilitait pas du tout.
Fabienne
On se voyait moins, mais le peu qu’on se voyait, on ne parlait que de ça, en fait. Même si c’était un dimanche.
Marie
En fait, je revenais à peu près soit un week-end, soit une semaine. Et c’était une semaine plus qu’intensive. Telito. À fond, à fond, à fond, à fond ! Et c’est vrai qu’à un moment donné… Bon, après, il y a eu le lancement des chaussures et puis tout s’est enchaîné, effet boule de neige. Mais c’est vrai qu’à un moment donné, elle n’avait plus vraiment de vie familiale. C’est-à-dire qu’on se voyait, on ne parlait que de Telito. Même encore mon compagnon ou mon frère, qui sont moins dans l’entreprise, ils disaient : « Allez, c’est bon, arrêtez de parler. Là, c’est dimanche, on parle d’autre chose. » Mais c’est vrai que ça fait partie de nous, puisque, voilà, c’est notre projet et c’est un membre de la famille, on va dire.
Fabienne
Oui, et puis c’est tellement… Enfin, improbable. C’est fou. Il y a même cinq ans, il y a six ans, on ne savait pas qu’on ferait un jour des chaussures. Donc, tout ça, c’est riche en même temps, c’est excitant, c’est… C’est vrai que c’est porteur.
Marie
Oui.
Fabienne
C’est vraiment très porteur. Et après, oui, c’est un réel plaisir de travailler ensemble. Après, on essaie un maximum de communiquer, parce que je pense que ça passe… La communication est très importante avant de laisser quoi que ce soit. Et c’est vrai que Marie a eu raison, ça fait déjà un petit moment et on fait des réunions, en fait. On se dit, on se pose vraiment, on fait une réunion et l’envoie les questions avant. C’est là qu’on se dit tout. Avec d’autres personnes, on ferait une réunion dans un bureau. Donc, vraiment, on se cadre de plus en plus et je trouve que… Ça fonctionne bien. Voilà, ce fut nécessaire et de dire les choses, de ne pas laisser… Voilà, de dire vraiment les choses. Ouais, je pense qu’on a… C’est de plus en plus harmonieux.
Marie
C’est de plus en plus fluide. Et puis, il y a eu quand même une période qui a été assez compliquée, parce que, bon, au-delà du Covid et du frein qu’il y a eu pour les productions, il a fallu gérer une campagne de crowdfunding. Moi, je n’avais jamais fait ça. Et je m’en suis chargée. Il y a énormément de choses à faire, il faut solliciter les gens. Il faut relancer sur les réseaux sociaux. Et moi, c’est quelque chose qui est dur pour moi. Surtout que là, c’est moi qui les ai dessinés et il a confiance dans son produit. D’un seul coup, moi, j’ai un peu paniqué. J’ai dit : « Elles arrivent. J’espère que les gens, ils vont les adorer, qu’il n’y aura pas de mauvais retours. » Bon, tout le monde a adoré, donc ça, c’est très bien. Mais c’était très, très dur, parce qu’il fallait mettre en avant un peu mon projet et en même temps, moi, j’ai du mal à avoir confiance en moi. Et du coup, ça a été très, très dur.
Et puis après, bon, ça arrivait à la boutique, tout ça. Donc, ça a été bien aussi d’avoir les clients en face, les retours tout de suite. Et après, il a fallu gérer le site internet, qu’il a fallu moderniser. Mais bon, il y a eu des péripéties. Bon, bref, c’est moi qui m’en suis rechargée aussi derrière. Mais il y a eu beaucoup de petits… Enfin, il y a eu quelques petits couac qui ont fait que ça s’est accumulé, accumulé, accumulé. Mais au final, on s’en est sorties. Et la relation est restée la même. Et maintenant, effectivement, on arrive mieux à avoir des moments travail, des moments famille. Voilà, c’est un peu plus fluide. De mieux s’écouter. Et on arrive aussi à se dire les choses, parce que c’est pas évident de dire quelque chose dans le contexte du travail sans blesser la personne du côté famille. Enfin, voilà.
Fabienne
Le côté émotionnel est présent.
Marie
Oui, oui. Et puis voilà, c’est pas évident. Et il y a beaucoup qui nous disent que c’est cool que ça marche, parce qu’ils connaissent des gens pour qui ça n’a pas fonctionné. Moi, je suis heureuse qu’on fasse ça.
Fabienne
Ouais, je suis en admiration de ma fille, moi.
Marie
C’est gentil ! Et c’est vrai que parfois, les fois où vraiment ça a été beaucoup pour moi, où il y avait trop de choses et où je me suis dit : « Bon, c’est bon, j’arrête. » Je me suis dit : « Mais tu vas faire quoi ? » Enfin, pas dans le sens où j’avais la capacité de faire autre chose, mais plutôt : « Est-ce que tu as vraiment envie d’être salariée d’autre chose ou de recréer un autre truc et qui te plaira peut-être moins ? » Et puis finalement, hop, ça passe. Et puis je dis : « Non, c’est trop fun, notre projet, il faut continuer. » Voilà.
Et puis après, il y a aussi : je peux toujours compter sur mes parents. C’est-à-dire qu’ils ont toujours été là, même avant ce projet, pour encourager. Le jour où j’ai acheté la boutique et où je me suis installée, c’est parce que ma mère a dit : « Si j’ai vu une petite boutique, tu serais bien là-bas. » Et moi, j’ai dit : « Ça va pas. » Je dis : « Mais tu te rends compte de ce que tu me dis ? Une boutique, j’ai 22 ans, qu’est-ce que je vais faire ? Non, je… » Et puis finalement, ça s’est fait. Et puis c’est… Voilà, c’est aussi la petite pierre qui fait que maintenant, on en est là. Et mes parents, ils m’ont toujours poussée. C’est-à-dire que, même au niveau des études, c’était : « Eh bien, tu fais ça, mais si jamais ça ne te plaît pas, surtout, c’est pas grave. Derrière, même si on a payé une école, même s’il y a eu énormément de frais dû à ça, tu pourras toujours changer de direction. » Et ça, ça laisse tout ce stress partir et se dire : « Je peux vraiment être qui je suis grâce à eux. »
Fabienne
Oui, c’était vraiment pour nos enfants : « Prenez plaisir dans ce que vous faites. Si ça ne va pas, vous changez. » C’est aucun… Enfin, pour nous, c’est… Non, il faut que vous soyez vraiment heureux. Donc ça, c’était vraiment le message.
Marie
Oui. Et ça, c’est top, ça vaut de l’or.
Fabienne
Je voulais juste peut-être dire aussi, moi, ce projet, ce qui peut me toucher. En fait, Victor, mon deuxième enfant, donc le frère de Marie, est handicapé moteur. C’est surtout un problème dans les jambes. Donc, je me suis occupée de lui, j’étais mère au foyer et contente de l’être. Aujourd’hui, il est autonome, il marche, mais il a vraiment des soucis au niveau des pieds. Et donc, quand j’ai commencé à proposer la marque, je commençais avec une marque allemande à la boutique, au départ. C’était vraiment pour un bien-être pour tout le monde, etc. Je me suis aperçue que j’avais beaucoup de personnes qui venaient me voir avec des problèmes de pied. Mais ce n’est pas de suite que j’ai tilté. En fait, c’est peut-être six mois ou un an après. Je me suis occupée des pieds de Victor. Aujourd’hui, je m’occupe des pieds des gens. Alors, il y a des personnes, des amis, qui me disaient : « Ah bon, je croyais que tu avais conscience. » C’était évident, mais bon, c’est souvent pas évident pour nous. J’en ai pris conscience et je me suis dit : « Mais ça a vraiment du sens, en fait. » Et oui !
Et donc, aujourd’hui, d’avoir fait, de faire notre marque, pour moi, c’est comme si la boucle était bouclée, quoi, en fait. C’est vraiment, c’est beau. Ça prend vraiment du sens. C’est vrai que c’est peut-être difficile de l’exprimer, mais pour moi, ça a vraiment, oui, énormément de sens sur mon chemin de vie. On fait ça, je pense, avec le cœur. Et je le dis parce qu’il y a beaucoup de personnes qui me font ce retour, que ce soit sur les salons, dans la boutique, etc., qu’apparemment, ça se ressent. Donc, c’est vraiment une histoire de famille complète.
Ce qui les inspire en ce moment
Marie
C’est plutôt la nature qui nous inspire et le lien avec la nature, je dirais même. Parce que c’est un peu comme un échange, je ne sais pas, comment dire.
Fabienne
Le soleil, le soleil, les couchers de soleil, tous les émerveillements. On n’a qu’à observer. L’observation autour de nous, il y a plein de choses, de quoi s’émerveiller.
Marie
Et, oui, nos chaussures, elles s’appellent Primi, les premières. Alors, pour « premières », effectivement, mais aussi pour autre chose : c’est le diminutif de « primitif », donc le retour à l’état, à l’état naturel de l’humain, et de ressentir les reliefs et d’être qui on est vraiment.
Fabienne C’est comme si on avait des moufles à nos mains et qu’on décide de les enlever. Donc, d’un seul coup, on se dit : « Oh là là, c’est quand même beaucoup plus facile pour écrire, pour travailler, pour sentir, pour toucher. » Et, et bien là, pour nos pieds, c’est pareil. C’est comme si, d’un seul coup, de passer d’une chaussure classique à une barefoot, on découvrait tout ce contact avec nos pieds. Tout c’est possible avec nos orteils, notre plante des pieds qui n’attendent que ça, en fait.
Que souhaiter à Telito pour la suite ?
Marie
Moi, je souhaite que ça continue, d’avoir des nouvelles choses et de pouvoir effectivement apporter quelque chose, en fait. Voilà, un petit quelque chose.
Fabienne
Comme le colibri, en fait.
Marie
Voilà, comme on peut.
Fabienne
Comme l’histoire du colibri qui amène sa petite goutte d’eau. Nous, si on peut faire du bien aux gens et à la planète, vraiment, aujourd’hui, c’est un énorme cadeau pour nous.
MC
Voilà, la marque française de chaussures barefoot n’a plus de secret pour vous. Vous pouvez retrouver les chaussures Telito sur telito-creations.com ou aller rendre visite à Marie et Fabienne au 71 rue Porte d’Orange à Carpentras.
Je tiens à préciser, pour celles et ceux qui en douteraient, que cet épisode n’est absolument pas sponsorisé. Et si j’ai voulu vous parler de ces chaussures, c’est que depuis toujours, j’adore marcher pieds nus. Et d’ailleurs, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu mes parents me dire de mettre des chaussures pour ne pas attraper froid. Eh bien, cet épisode est un petit peu pour eux, car maintenant, j’ai trouvé la solution, tout en gardant ce plaisir de sentir le sol, de ne pas avoir l’impression d’être enfermée dans mes chaussures et de laisser mes petits petons libres de s’écarter toute la journée pour leur plus grand bonheur !
Si vous avez des remarques, interrogations ou petits mots doux qui vous viennent à l’esprit après l’écoute de cet épisode, envoyez-les-nous en commentaire sur Instagram, LinkedIn, Facebook. J’adore échanger avec vous, alors n’hésitez pas. Et d’ici là, je vous dis à bientôt. Je l’espère-luette, évidemment.
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