Dans ce nouvel épisode de « En Vaucluse », je vous emmène à Buoux dans le Centre de Sauvegarde de la Faune sauvage de la LPO.
J’ai eu la chance de le visiter il y a quelques jours et j’ai été impressionnée par le travail réalisé par Loriane Aubinais, la responsable du centre, et son équipe principalement constituée de bénévoles.
Elles·ils sauvent à la fois des oiseaux mais également tous les petits mammifères sauvages en détresse trouvés dans la nature ou nos jardins.
Dans cet épisode, elle explique que tous ces accidents sont dus, de près ou de loin, à l’être humain, les missions du Centre de sauvegarde et comment réagir si l’on trouve un animal sauvage blessé ou un petit qui paraît abandonné.
Bonne écoute !
Lors de ma visite au centre de sauvegarde, Loriane et son équipe m’ont fait un magnifique cadeau, relâcher un milan noir qui était prêt à retrouver sa liberté après quelques semaines de soins. Un moment émouvant et inoubliable.
Pour aller plus loin
Faire un don à la LPO PACA : https://paca.lpo.fr/soins-animaux/nous-aider/faire-un-don
Retrouvez ici toutes les fiches conseils si vous trouvez un animal en détresse : https://paca.lpo.fr/soins-animaux/conseiller/fiches-conseils
Pour les contacter : 04 65 09 02 20 de 10h à 12h et de 14h à 16h 7j/7

Produit par Marie-Cécile Drécourt
Productrice de podcasts depuis 2018 et anthropologue de formation, je crée des récits audio qui mettent en lumière les personnes, les métiers, les initiatives et les liens qui tissent notre quotidien.
Avec Esperluette, j’explore des histoires humaines, sociales, artistiques ou solidaires, ancrées dans le Vaucluse… et au-delà.
Forte de 20 ans d’expérience en communication et narration, j’accompagne également les entreprises, associations et indépendant·es dans la création de contenus audio authentiques, sensibles et pédagogiques.
👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Épisode dédié dans Esperluette : un format sensible pour mettre en lumière votre mission, vos valeurs ou vos engagements.
Le Podcast Suspendu® : un dispositif solidaire pour offrir un épisode à une association ou une initiative qui vous tient à cœur.
Podcast en marque blanche : je conçois et produis votre podcast de A à Z, pour porter votre voix et vos histoires.
Accompagnement / Formation : je vous aide à créer et structurer votre podcast en toute autonomie, avec méthode et bienveillance.
Pour celles & ceux qui préfèrent lire l’interview, la voici dans son intégralité :
Sauver la faune sauvage : les missions du centre LPO PACA
Marie-Cécile : Aujourd’hui, je vous emmène dans le centre de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO. J’ai eu la chance de le visiter et j’ai été impressionnée par le travail réalisé par Loriane Aubinais, la responsable du centre, et son équipe, principalement constituée de bénévoles. Il et elle sauvent à la fois des oiseaux, mais également tous les petits mammifères sauvages en détresse trouvés dans la nature ou nos jardins. Dans cet épisode, Loriane explique les missions du centre de sauvegarde, mais également que tous ces accidents sont dus de près ou de loin à l’être humain, et comment réagir si l’on trouve un animal sauvage blessé. Je vous souhaite une bonne écoute, et je vous dis à bientôt, je l’espère-luette, évidemment !
Loriane : Je m’appelle Loriane Aubinais, je suis la chargée du Centre de sauvegarde de la LPO PACA. Le Centre de sauvegarde, c’est une structure qui va recueillir les animaux qui ont été trouvés en détresse par des particuliers, donc les animaux sauvages uniquement, qui va les soigner et ensuite les remettre dans leur milieu naturel. On accueille beaucoup d’espèces différentes, donc ça va des petits mammifères comme les écureuils, les hérissons, les chauves-souris, à des grands rapaces comme les vautours, les aigles, les hiboux grand-duc, et aussi après à toutes sortes d’oiseaux communs dans nos jardins, comme les choucas, les rouges-gorges, les rouges-queux, voilà, c’est très diversifié.
Quand l’homme est la cause principale des accidents
Les animaux qu’on accueillent viennent de toute la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils sont transportés principalement par nos bénévoles, on en a à peu près 150 répartis dans toute la région, qui vont nous aider à les acheminer jusqu’à nous pour qu’on puisse les soigner ensuite. Ils arrivent pour des raisons très variées, majoritairement à cause de l’homme, 90% des causes d’accueil sont dues à la cause anthropique, donc ça va être par exemple des chocs avec les vitres, des chocs avec des voitures, la prédation de nos animaux domestiques, donc les chiens et les chats, qui tombent dans des piscines, ils se coincent dans nos déchets, dans des pièges à mouches, il peut y avoir aussi des cas de braconnage, voilà, c’est très varié, mais majoritairement c’est de notre faute.
Que faire si l’on trouve un animal sauvage en détresse ?
Si on trouve un animal en détresse chez soi, il faut bien évaluer la situation, parce que des fois, ça peut être juste un jeune qui sort de son nid, qui ne sait pas encore volé, qui n’est pas forcément en détresse, donc il ne faut pas le rendre orphelin involontairement. Donc bien évaluer la situation, vous pouvez nous contacter par mail avec une photo, comme ça on vous dit l’espèce et l’âge, pour voir si c’est une situation normale ou anormale.
Donc notre adresse mail, c’est sos.paca@lpo.fr Et sinon, vous pouvez aussi nous appeler, voilà, si la situation est inquiétante, si l’animal présente des blessures et qu’il faut, voilà, nous la porter rapidement. Et pour nous joindre, c’est le 04 65 09 02 20.
Il vaut mieux nous contacter d’abord, en fait, pour qu’on vous dise s’il faut vraiment l’attraper ou pas. Et même là, du coup, on pourra vous donner les conseils de comment le capturer.
Les bons gestes pour transporter un animal blessé
Et si, par exemple, vous nous contactez en dehors de nos horaires d’ouverture téléphonique, on a sur notre site internet – paca.lpo.fr – des fiches conseils qui vont déjà vous dire, comment les conditionner dans de bonnes conditions.
Donc par exemple, plutôt, en fait, il faut privilégier des cartons que des cages, parce que dans les barreaux ils peuvent se coincer, ils vont être stressés, ils vont vous voir. Donc plutôt des cartons, faire des petits trous au préalable dedans, mettre un petit fond de journal au fond. Manipuler les animaux avec des gants pour protéger vos mains. Il peut y avoir des risques de maladie, ou tout simplement, ils vont essayer de se défendre parce qu’ils vont avoir peur de vous. S’ils ont des cerfs, des becs, ils vont essayer de vous mordre, par exemple. Donc plutôt se protéger avec des gants.
Vous pouvez aussi vous aider d’une serviette ou d’un tissu que vous pouvez leur lancer dessus. Souvent, les animaux vont s’immobiliser dans le noir et ce sera plus facile de les attraper. Et ensuite, voilà, gardez l’animal dans le carton, dans une pièce au calme chez vous. Surtout, il ne faut pas l’exhiber. C’est des animaux sauvages, donc ils sont très stressés à la vue de l’homme. Donc dans une pièce au calme, le carton fermé. Et si l’animal est affaibli ou que c’est un jeune, on conseille de rajouter une petite bouillotte ou juste une bouteille remplie d’eau chaude. Mais plutôt, on vous conseille de la mettre à l’extérieur du carton contre une des parois pour ne pas le brûler à l’intérieur ou qu’il se fasse écraser.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire : nourrir ou déplacer
Et surtout, ce qui est très important, n’essayez pas de le forcer à boire ou à manger. Un animal en état de choc ou qui est affaibli, ça pourrait le condamner. Surtout que tous les oiseaux ne mangent pas des graines, par exemple. Donc il faut vraiment faire attention. Une mauvaise nourriture pourrait faire plus de mal que de bien. Donc attendez d’avoir les conseils d’un spécialiste. Un animal peut très bien passer la nuit sans manger, sans problème, voire une journée, le temps que vous ayez notre réponse.
L’odeur de l’humain n’est pas forcément gênant. Ça dépend de l’animal en fait. Les oiseaux, pas du tout. Il faut savoir qu’on a une idée reçue, comme quoi les parents les parents risquent de les abandonner. Mais en vrai, les parents désirent très fort de s’occuper de leur progéniture. Et on replace même des jeunes dans les 48 heures après leur découverte, les parents les retrouvent. Ils cherchent, ils cherchent, ils ne veulent pas les abandonner.
On déconseille de toucher les animaux parce que notamment, par exemple, les petits faons et les petits lièvres ne vont pas avoir d’odeur parce qu’ils sont juste cachés à même les hautes herbes. Donc ils n’ont pas d’odeur pour pas que les prédateurs les trouvent. Et à partir du moment où on met notre odeur dessus, ils vont être détectables. Donc ça va être préjudiciable. Et puis ça va être aussi, ça nous amène à faire des choses qui ne sont pas nécessaires, comme les faons et les lièvres qui n’ont pas besoin d’aide. Les parents partent manger mais reviennent après, vaut mieux pas les toucher. Si on les a touchés, on conseille de les frotter un peu avec des hautes herbes, par exemple le pelage du petit faon ou du chevreuil s’il a malencontreusement été touché. Et après, comme ça le laisser à ses parents. S’il n’est pas blessé, bien sûr.
Adapter nos jardins pour protéger la faune en été
Les petits conseils en ce moment pour aider les animaux sauvages, notamment avec les fortes chaleurs, c’est de leur mettre une petite bassine d’eau. Alors attention, très peu profonde et mettre en général des petites pierres à l’intérieur pour que les animaux qui s’y baignent puissent en ressortir facilement. Ils vont pouvoir s’abreuver, s’y rafraichir, donc ça vraiment ça fera plaisir à tout le monde, en hauteur ou au sol. Faire attention, par contre, de ne pas les mettre trop à vue des chats pour ne pas qu’ils en profitent pour prédater les animaux.
On conseille aussi, du coup, les animaux ont tendance à vouloir s’orienter vers les piscines et les mares. Et alors, beaucoup d’entre eux savent nager, comme les hérissons, par exemple. Mais les bords de nos piscines sont lisses et en général, ils ne peuvent pas ressortir. Donc on conseille de mettre des petites planches, des petites voies qui leur permettront de s’en sortir après avoir bu, en fait. Des petites voies d’accès. Et aussi, si vous avez des jardins, ce genre de choses, de faire des passages, en fait, pour la faune sauvage. Parce que de plus en plus, on urbanise, on s’étend et en fait, ils ne peuvent plus circuler entre nos jardins. Donc juste faire des petits couloirs. Il faut savoir que les hérissons ont plusieurs hectares de territoire. Et du coup, comme ça, ils vont pouvoir circuler et ça va favoriser pour eux leurs moyens de se reproduire et aussi de se nourrir. On peut devenir refuge LPO. Donc en fait, en gros, c’est avoir son jardin qui va justement consacrer à la faune sauvage comme ça, faire plein de petites choses. Donc ça va être aussi laisser des zones ensauvagées, ne pas utiliser de pesticides. En fait, c’est plein de petites bonnes actions qui vont favoriser la présence de la faune sauvage chez soi.
Rejoindre l’équipe : bénévolat et service civique
Il y a plusieurs moyens de nous aider. Sur place, on a des bénévoles qui viennent. Ces personnes habitent autour du centre de sauvegarde, autour de Buoux, qui peuvent venir nous aider plusieurs fois dans le mois, voire plusieurs fois par semaine à la journée. Donc on recherche souvent des gens qui peuvent nous aider. Donc il n’y a pas de formation requise. C’est nous qui apprenons tout sur place. Donc juste de la motivation. Et on recherche aussi, particulièrement en ce moment, des volontaires en service civique. Donc c’est des jeunes entre 18 et 25 ans pour des missions de 8 mois pour se former justement sur les soins à la faune sauvage et nous aider au quotidien, donc même dès le mois de juin et toute l’année en général.
Sensibiliser pour un monde meilleur
On essaye beaucoup de sensibiliser le grand public. C’est vrai qu’on aimerait bien. On va beaucoup dans les collèges aussi, intervenir auprès des enfants pour les sensibiliser sur les bons gestes. Et puis voilà, les petites actions du quotidien pour venir en aide à la faune sauvage. Donc effectivement, il y a un manque de sensibilisation parfois sur la nature dès l’école, mais on essaye de compenser ça.
C’est important de protéger la faune sauvage aujourd’hui de chez nous parce que déjà, il faut savoir qu’elle ne nous appartient pas, mais c’est ça, ça fait partie d’un équilibre, ça fait partie, c’est la nature et on a beaucoup impacté la nature dernièrement. On s’est permis des choses qui n’étaient pas légitimes, clairement. Donc nous, on est là pour essayer déjà de compenser un peu cet impact humain et on espère qu’il finira par disparaître et qu’on pourra plus cohabiter avec la faune sauvage pour un monde meilleur.

