


Aujourd’hui, je vous emmène dans un lieu culturel unique à Avignon où l’art et le numérique se rencontrent : le Grenier à Sel
Nous allons parler culture bien évidemment, mais surtout de lien social et de découverte grâce à la belle aventure que viennent de vivre 8 jeunes de la mission locale du Grand Avignon. Ils ont participé au 1er CREA_LAB , idée portée par le Grenier à Sel et soutenue par la Fondation Orange dans le cadre d’un appel à projet.
L’objectif : proposer un cycle de 4 workshops de création qui lie art et numérique à des jeunes en insertion et leur permettre ensuite d’exposer leurs œuvres en les intégrant dans l’exposition de l’artiste Samuel Rousseau “Et pourtant elle tourne ! ”.
Un défi relevé avec brio puisque ce sont huit œuvres puissantes et engagées qui ont été présentées lors de la restitution publique où j’ai enregistré cet épisode.
Vous allez y entendre toutes les parties-prenantes de ce projet : Marion du Grenier à Sel, Julia de la Mission Locale, Céline de la Fondation Orange, Cécilia, Ahmet, Fabe, Anaïs, Laurène , Christopher, Nathan et Antoine les jeunes qui ont mis beaucoup d’énergie dans la réalisation de ce projet et Samuel Rousseau, l’artiste qui est venu partager son expériences avec les jeunes.
J’en profite pour les remercier d’avoir autant partagé avec moi au micro mais surtout en dehors. Et un grand merci à la Fondation Orange d’avoir permis la réalisation de ce projet et de ce podcast.
?️ Je vous laisse en compagnie de ce beau groupe d’êtres humains avides de partage et de créativité.
Bonne écoute !
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Si vous souhaitez en savoir plus sur les actions :
- de la Fondation Orange : https://www.fondationorange.com/fr
- de la Mission locale du Grand Avignon : https://mission-locale-avignon.fr/
- les Petits Débrouillards : https://www.lespetitsdebrouillards.org/
Crédits photos : Grenier à sel – Marie-Cécile Drécourt

Produit par Marie-Cécile Drécourt
Productrice de podcasts depuis 2018 et anthropologue de formation, je crée des récits audio qui mettent en lumière les personnes, les métiers, les initiatives et les liens qui tissent notre quotidien.
Avec Esperluette, j’explore des histoires humaines, sociales, artistiques ou solidaires, ancrées dans le Vaucluse… et au-delà.
Forte de 20 ans d’expérience en communication et narration, j’accompagne également les entreprises, associations et indépendant·es dans la création de contenus audio authentiques, sensibles et pédagogiques.
👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Épisode dédié dans Esperluette : un format sensible pour mettre en lumière votre mission, vos valeurs ou vos engagements.
Le Podcast Suspendu® : un dispositif solidaire pour offrir un épisode à une association ou une initiative qui vous tient à cœur.
Podcast en marque blanche : je conçois et produis votre podcast de A à Z, pour porter votre voix et vos histoires.
Accompagnement / Formation : je vous aide à créer et structurer votre podcast en toute autonomie, avec méthode et bienveillance.
Pour les malentendant·es, l’épisode est entièrement retranscrit ci-dessous, bonne lecture !
Marie-Cécile :
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cette nouvelle rencontre d’Esperluette, le podcast à l’écoute des belles énergies qui croisent mon chemin. Je suis Marie-Cécile Drécourt, la productrice de ce podcast et aujourd’hui je vous emmène dans un lieu culturel unique à Avignon où l’art et le numérique se rencontrent, le Grenier à sel.
Nous allons parler culture bien évidemment mais surtout de liens sociaux et de découverte grâce à la belle aventure que viennent de vivre huit jeunes de la mission locale du Grand Avignon. Ils ont participé au premier Crea_Lab, idée portée par le Grenier à sel et soutenue par la Fondation Orange dans le cadre d’un appel à projets.
L’objectif : proposer un cycle de quatre workshops de création qui lient art et numérique à des jeunes en insertion et leur permettent surtout d’exposer leurs œuvres en les intégrant dans l’exposition de l’artiste Samuel Rousseau « Et pourtant elles tournent ». Un défi relevé avec brio puisque ce sont huit œuvres puissantes et engagées qui ont été présentées lors de la restitution publique où j’ai enregistré cet épisode.
Vous allez y entendre toutes les parties prenantes de ce projet : Marion du Grenier à sel, Julia de la Mission Locale, Céline de la Fondation Orange, Cécilia, Ahmet, Fabe, Anaïs, Laurène, Christopher, Nathan et Antoine, les jeunes qui ont mis beaucoup d’énergie dans la réalisation de ce projet et Samuel Rousseau, l’artiste qui est venu partager son expérience avec les jeunes. Je vous laisse en compagnie de ce beau projet d’êtres humains avides de partage et de découverte, et je vous souhaite une bonne écoute.
Le Projet Crea_Lab : Briser les codes de la culture
Marion :
Je m’appelle Marion Vernerey, je suis responsable de médiation culturelle ici au Grenier à sel. Crea_Lab, l’idée c’était de créer des ateliers numériques et créatifs pour des jeunes plutôt en difficulté socialement parce que non scolarisés ou au chômage. Donc c’est pourquoi je me suis rapprochée de la mission locale pour trouver ces jeunes et leur permettre de créer, de faire quelque chose ensemble dans un lieu culturel, donc à savoir ici le Grenier à sel, en présupposant que potentiellement ce n’était pas des personnes qui fréquentaient énormément des musées de base puisqu’on sait que sociologiquement quand on regarde les fréquentations muséales, c’est quand même plutôt des personnes CSP+ ou les profs, voilà.
Pour beaucoup au début ça paraissait inaccessible. Quand ils ont vu le bâtiment pour la première fois ils ont été très impressionnés et donc leur permettre de leur dire : « vous êtes capables, c’est pas parce que vous n’avez pas de boulot, c’est pas parce que vous avez arrêté les études, que vous êtes nulles et que vous n’avez pas de valeur et en fait la valeur ne passe pas que par le travail, loin de là. Vous allez créer, on va le faire ensemble et en plus de créer vous allez être exposés. »
L’accompagnement par la Mission Locale
Julia : Je m’appelle Julia Marius, je suis coach sur le contrat engagement jeune à la Mission locale Jeune Grande Avignon. C’est le dispositif d’accompagnement le plus intensif de la mission locale où en fait on demande aux jeunes de s’impliquer dans leur parcours d’insertion socio-professionnelle à minima de 15 à 20 heures par semaine. Et l’idée c’est de les mettre soit rapidement en emploi ou de travailler leur projet professionnel et puis aussi pour les faire rentrer en formation qualifiante parce qu’il y en a beaucoup qui ont arrêté l’école et donc l’idée c’est vraiment de les aider à trouver leur voie et un boulot qui les fasse vibrer.
Quand Marion m’a parlé du projet franchement moi j’ai été vraiment emballée. Déjà le lieu, le Grenier à sel est juste magnifique. Permettre à des jeunes de rencontrer un artiste, leur permettre d’avoir accès à du matériel perfectionné, d’apprendre à faire du montage audio, vidéo et puis leur ouvrir l’esprit sur toute forme d’art. Et là en l’occurrence, le fait que Samuel Rousseau se serve de matériaux recyclés et travaille en plus après dessus avec des supports numériques, enfin moi l’idée je trouvais ça génial quoi. Donc là on touche vraiment plein de secteurs. Après, ce que ça va leur amener, déjà de l’autonomie, la créativité, l’imagination, la curiosité, ça c’est super important d’être curieux. Et puis le travail d’équipe, développer un réseau. Et c’est comme ça en fait qu’on arrive à grandir petit à petit. Donc moi tout de suite j’ai dit oui.
Le soutien de la Fondation Orange
Céline :
Je suis Céline Mory, déléguée RSE Inclusion Numérique et Fondation Orange pour le Sud-Est. Alors c’est un projet en fait qui nous a tout de suite parlé, tout simplement parce que en fait ça relie vraiment le sujet de la culture et du numérique. Le numérique en soi ça reste un outil, mais par contre quand on y met de la profondeur, quand on y met en fait un engagement pour de l’insertion, puisque c’est un des axes forts à l’insertion professionnelle pour l’engagement sociétal du Groupe Orange.
Ça fait plus de 30 ans qu’on a une Fondation et qu’on travaille beaucoup autour du soutien à l’éducation, la santé, et puis tout ce qui va être autour de la musique. Et l’art numérique, c’est vraiment aussi un sujet qu’on a commencé un peu à explorer, mais on n’a pas souvent des projets qui nous parviennent, qui sont aussi bien imbriqués entre une manière d’accrocher un public empêché par la culture et aussi empêché par le numérique et d’arriver à relier tout ça.
Ce qui m’a sauté aux yeux en écoutant les jeunes parler de leur œuvre, c’est qu’on sent qu’ils y ont vraiment réfléchi, finalement, comme toute démarche artistique, qu’ils ont été bien encadrés, parce que c’est pas évident en quatre séances de mémoire, de produire quelque chose qui est fini, on sent que l’œuvre elle est finie, et de mettre le sens et le contenu complètement accessible au public, n’importe quel public. Le cœur du projet, ce sont ces huit jeunes qui ont transformé leurs émotions et leurs réflexions en œuvres d’art numérique.
Les œuvres et le ressenti des jeunes
Cécilia :
Je m’appelle Cécilia et j’ai 16 ans. Mon thème, c’est l’enfant intérieur. Pour moi, c’est un peu notre soi profond, sans les masques qu’on peut porter pour se protéger en société. J’ai voulu un peu représenter l’amour de soi-même et la paix qu’on peut retrouver en s’acceptant, en s’aimant complètement, avec ses défauts, son immaturité. On est humain, en fait.
Ahmet :
Ahmet, j’ai 23 ans. Alors, mon œuvre, c’est une projection sur une chaussure pour dénoncer l’exploitation des Ouïghours. Ça s’appelle la révolution des pères.
Anaïs :
Anaïs, j’ai 21 ans. L’animation représente une médusa tachée de sang un peu partout. Et au fur et à mesure, ses bras se lèvent. Elle a de plus en plus de tentacules et elle se lave du sang qu’elle a sur elle. Et il y a une boule à facettes, du coup, qui est placée au niveau de sa tête, qui fait qu’elle n’a pas vraiment de visage et qu’il y a des fragments de lumière un peu partout autour. Ça représente vachement les problèmes qui vont avec la féminité. Ça parle beaucoup de violence sexuelle. Et les fragments, le côté boule disco, c’est quelque chose qui est cassé en plein de petits morceaux, mais qui est quand même très joli. Quelqu’un qui est brisé, mais qui est quand même très beau et très rayonnant et qui reflète la lumière.
Antoine :
Antoine, j’ai 24 ans. J’ai mis une projection d’ailes d’ange et de démon. Et j’ai mis aussi en image de fond ma propre opinion de ce qu’est le paradis et l’enfer. Ça représente un peu le ressenti qu’on a en chacun de nous. Et j’aimerais bien essayer d’arriver au cœur des gens en disant qu’on a beau avoir une partie angélique ou une partie démoniaque, qu’on a beau avoir des qualités et des défauts, il faut s’accepter soi-même et aussi accepter les qualités et défauts des autres.
Une expérience transformatrice
Laurène
Laurène, 24. Je suis allée un peu comme ça et je me suis laissée un peu portée par… Je savais qu’il y aurait forcément une ambiance conviviale comme ça. Et du coup, c’était super chouette parce que tout le monde était tout le temps relax. On pouvait appeler tout le monde pour nous aider, c’était cool. J’avais juste peur d’être trop dans mon coin peut-être et pas oser. Finalement, je me suis sentie super à l’aise et tout le monde participait au fait qu’on se sentait super à l’aise comme ça, donc c’est chouette. C’était super top ! Je ne m’attendais pas qu’il y ait ce genre de rencontre, pouvoir expérimenter, écouter comme ça les sons, qu’on puisse dessiner avec la lumière. Et ça, c’est super créatif, je trouve, et ça ouvre plein de possibilités. Donc ça, ça m’a plu.
Christopher :
Christopher, j’ai 20 ans et ça m’a apporté qu’en fait, même si tout n’est pas parfait, tout n’est pas bien fait, tout n’est pas comme on le veut, il faut être un minimum au final fier de soi et se dire qu’on y a mis du cœur. On y a apporté énormément d’importance et de volonté. Je suis très content d’avoir pu faire valoir quelque part ma pensée par quelque chose que j’ai créé vraiment de mes propres mains. J’y ai mis du temps, de l’énergie et voilà, donc je suis très fier de moi, ça m’a apporté beaucoup et ça m’a aussi appris qu’au final, les travaux de groupe ou la collectivité, c’est pas forcément quelque chose de néfaste. Au contraire, ça peut t’apporter la communication, savoir discuter, parler et s’exprimer, ça m’a fait du bien au final.
Fab :
Fab, 18 ans, j’étais à la Mission locale. J’ai vu Marion, elle a présenté le projet. Au début, je voulais y aller, mais il y avait une part de moi qui me disait « ouais, autant ça va être nul ». Après, je me suis dit, au lieu de faire des intérims, autant y aller et voir ce que je peux faire, tout simplement. Sinon, je suis allé et j’ai vu que j’aimais bien ce que j’ai fait aussi, donc maintenant, je sais que j’apprécie ça. Maintenant, j’aime bien, je me suis mis à dessiner, avant pas du tout, je faisais des bonhommes en bâton à l’école. Donc voilà, déjà ça c’est bien déjà.
Nathan :
Nathan, 22 ans. En vrai, je suis surpris de la cohésion des œuvres entre elles. Je trouve que tout le monde a donné le meilleur de soi-même, que tout le monde a fait un truc qui lui est propre et que le tout ensemble se rejoint bien. Tout se rejoint, tout s’assemble, c’est très joli. Ça va bien avec l’expo de Samuel. C’était très bienveillant, très bien organisé et on était assez libre de faire ce qu’on veut. Et rien que pour ça, c’est très respectable et je les remercie.
Réparer le lien social, surmonter les préjugés et créer du lien
Céline :
Si je devais mettre un mot qui un peu les relie, j’aurais pris un verbe d’action, j’aurais pris le verbe ‘réparer’. Parce que c’est à la fois réparer… trouver une manière d’expliquer aux gens qu’il faut réparer la planète. Et puis en même temps, les jeunes, ils réparent aussi leur chemin, la manière dont ils voient leur voie professionnelle ou leur voie tout court. Et ils se sont aussi, je pense, réparés en collectif parce que on sent qu’il y a vraiment une alchimie qui s’est passée en seulement quatre séances de travail artistique. Alors bien sûr, ils ont été encadrés, on va dire accompagnés individuellement, mais c’est le mot qui me vient, qui me vient.
Cécilia :
En fait, au début, je voulais pas trop y aller parce que ça fait beaucoup de préjugés. Je me disais, ça va être ennuyant, ces trucs d’art, je connais rien. Déjà, j’ai appris à m’intégrer dans un groupe, vu que je suis déscolarisée. Ça faisait très longtemps que je n’avais pas été en communication avec un groupe comme ça. Du coup, ça m’a fait de nouveau aimer les gens, et puis ça a développé ma créativité. Ça, c’est un très bon point parce que je pensais pas être aussi créative. J’ai découvert un truc de moi.
Ahmet :
La créativité de manière générale, je trouve que c’est vraiment ce qui nous démarque des autres parce que le reste, tout ce qui relève du formel, tout le monde peut l’apprendre et pas se l’appliquer forcément, mais au moins l’apprendre. Et la créativité, du coup, c’est ce qui nous démarque des autres. Et on peut manifester au quotidien, notre créativité par des jeux de mots, des blagues, je sais pas, un peu tout. Donc je trouve que c’est vraiment un trait sur lequel je souhaite accorder beaucoup d’importance. Après, il faut y arriver, c’est ça.
Anaïs :
L’ambiance, dès le premier jour, quand on s’est tous présentés, tout le monde s’est vachement confié. Ça a été direct, très humain comme expérience. Et que tout le monde soit aussi honnête à propos de son vécu, de son expérience, tout ça, ça met direct en confiance en fait pour oser, peu importe les idées qu’on a, oser proposer, tout ça. Donc c’était super, super cool.
Un bilan très positif
Marion :
C’est gratifiant de se dire que des fois, juste en donnant un petit coup de pouce, en donnant la petite impulsion, ça fonctionne. Si ces jeunes s’étaient rencontrés dans un autre cadre potentiellement qui se serait pas forcément tous entendus, il y a vraiment des horizons très différents, je pense des opinions aussi assez tranchées. Et pourtant, les huit, ça a super bien fonctionné ensemble, ils ont créé des liens, ils sont complices. Et donc en fait, moi, au-delà de l’aspect créatif, c’est vraiment l’aspect social, de dire, ‘on a créé une team ou quoi !’ Enfin, même nous, les animateurs, animatrices, on s’est sentis super proches d’eux et ça a été des vrais moments de convivialité. Et j’espère vraiment qu’on va garder le lien ensemble parce que je pense qu’on est assez attachés aux autres maintenant. Ils ont réussi à se lâcher avec nous. Je pense qu’ils ont vraiment cet aspect où nous, donc Alex, Céline, Alizée et moi, on leur a apporté des choses et ils m’ont tellement apporté aussi. Je crois en eux, mais genre à fond !! Vraiment, j’y crois. Je ne veux vraiment pas perdre contact avec eux et je les aime beaucoup.
Céline :
Ravie d’avoir pu porter attention à ce projet et puis de voir les choses se dérouler telles qu’elles ont été finalement un peu rêvées par le Grenier à sel parce que tout part de là avec le lien avec la mission locale du Grand Avignon et les Petits Débrouillards aussi à la manœuvre. Donc c’est une belle opération de bons professionnels qui ont su vraiment bien encadrer ces jeunes et on leur souhaite bon vent.
Le regard de l’artiste : Samuel Rousseau
Samuel Rousseau :
Je m’appelle Samuel Rousseau, j’ai décidé de faire de ma vie l’art et de faire l’art de ma vie. J’ai un art qui est politique, mais avec un grand P, c’est-à-dire pas au sens misérable du pouvoir, mais plutôt au sens magnifique de la vie. Donc forcément, je m’intègre dans une société contemporaine en 2023. Je travaille avec des objets de rebut la plupart du temps. Donc là, autour de nous, des palettes, des pneus, des bougies usagées, une plaque rouillée, divers objets. Et ce qui m’intéresse, en fait, c’est d’emprunter au réel, de le remixer à ma sauce pour le réinjecter dans le réel, pour que les gens qui voient mon travail, en fait, se l’accaparent complètement.
Ce qui m’intéresse le plus dans l’art en général et dans le travail d’un artiste en particulier, c’est sa sincérité. En fait, on est toujours en opposition avec les jeunes qui font trop la fiesta, qui sont très bruyants, qui sont expansifs. Mais moi, je trouve que c’est extrêmement important parce que rien qu’au niveau de notre société, moi, j’estime que la jeunesse, ils sont les garants de la liberté. Nous, les vieux schnocks on a peur, en fait. On a peur de la mort, alors qu’ils sont encore immortels et ils sont capables d’être révolutionnaires. Donc je ne cours plus assez vite.
Ce qui est appréciable, c’est qu’entre le début que je les ai rencontrés et le résultat qu’on peut voir aujourd’hui, c’est qu’ils sont vraiment allés au bout d’eux-mêmes, en fait. Et c’est ça que je cherche dans un travail artistique. Après, évidemment que c’est un travail ‘jeune’, mais ce n’est pas péjoratif. C’est jeune, c’est frais, c’est très, très humaniste. Ça, c’est plutôt rassurant pour un mec de 52 ans de voir que des gens entre 16 et 25 ans s’intéressent à leur prochain, qu’ils ne sont pas forcément coincés sur leur compte Instagram à se photographier le nombril. Donc le vieux schnock que je suis tire sa révérence à la jeunesse qui arrive et est plein d’espoir pour elle.
En conclusion, des souvenirs gravés
Antoine : Ce qu’il faut se souvenir, c’est ce qu’on a fait, que tout ça s’est gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs, je pense. Je pense que c’est le plus important.
Nathan : Merci à la CEJ et au grenier à sel. Et longue vie à nous !
Marie-Cécile : Voilà, comme vous avez pu l’entendre, ce sont bien plus que des ateliers créatifs qui ont eu lieu pendant le mois de mai au Grenier à sel. J’ai participé au deuxième workshop avant d’enregistrer l’épisode, j’avais donc entendu les premières idées des jeunes et quand j’ai vu le résultat et la présentation de leurs œuvres devant le public présent, j’ai été bluffée par la qualité des réalisations et surtout la maturité des intentions.
J’ai adoré la belle énergie qu’il y avait dans le groupe mené avec beaucoup de talent par Marion, Alizé, Céline et Alexandre. Avec un petit coup de pouce, une idée géniale et beaucoup de bonne humeur, on arrive à déplacer des montagnes et c’est ce qui s’est passé au grenier à sel avec ce premier Crea-Lab. J’espère qu’il y en aura d’autres et que les jeunes qui ont participé garderont leur enthousiasme et leur sensibilité pour la suite de leur projet.
J’en profite pour les remercier d’avoir autant partagé avec moi, au micro mais surtout en dehors, et un grand merci à la Fondation Orange d’avoir permis la réalisation de ce projet et de ce podcast. Vous le sentez je pense, cette expérience m’a remontée à bloc. Créer du lien, il n’y a que ça de vrai. Je vais donc partir à la recherche de nouvelles idées d’épisodes, le festival d’Avignon approchant à grands pas. Suivez Esperluette sur Instagram où je vais partager mes découvertes culturelles qui me mèneront, j’en suis sûre, une nouvelle fois au grenier à sel dont la programmation donne déjà très envie. Je vous dis donc à bientôt, je l’espère-luette, évidemment !

