Et si on utilisait la fleur de safran pour en faire des cosmétiques ?
C’est l’histoire d’une rencontre qui amène à la création d’un produit innovant, local et respectueux de l’environnement. C’est l’histoire d’une entrepreneuse qui croit en son produit mais qui a dû évoluer personnellement pour développer un modèle économique qui lui ressemble. C’est l’histoire du lien entre la Provence et le safran, histoire que l’on connait finalement très peu.
Pour en parler, je vous emmène dans le Laboratoire 4e à Avignon, à la rencontre de Jessica Hamou. Elle a eu cette idée folle en 2007 quand elle a créé la marque Kesari. Elle a ensuite élargi sa gamme en ouvrant son propre laboratoire de cosmétiques bio (crèmes, huiles végétales, savons).
Je vous propose donc de rencontrer Jessica qui partage avec nous son histoire et sa passion pour le safran et les produits cosmétiques sains.
Bonne écoute !
Merci Jessica de nous avoir montré que la persévérance n’empêche pas une remise en questions personnelle. Il t’a fallu quelques années pour développer le modèle de ton entreprise afin qu’il te correspondent réellement : une entreprise artisanale, ancrée localement et valorisant les produits bio et où tu peux transmettre ton savoir-faire grâce à tes formations.
L’Esperluette de Jessica : La Méthode S.A.N.E (Système d’Alignement Neuro-Emotionnel), créé par Mani Hesam
Pour retrouver produits de Jessica Hamou et ses formations :
Son site internet : https://laboratoire4e.com, sa page Facebook ou son compte Instagram.
Merci d’être toujours plus nombreux·ses à écouter Esperluette. Pensez à mettre 5 étoiles si vous écoutez Esperluette sur Itunes , apple podcast, ou votre appli de podcast préférée ça m’aide énormément.
Vous pouvez suivre Esperluette sur Facebook, Instagram, Twitter et LinkedIn.
À une prochaine, je l’espère-luette évidemment 🙂
Propos recueillis en 2019

Produit par Marie-Cécile Drécourt
Productrice des podcasts Esperluette à l’écoute du Vaucluse & Esperluette en Mode Festival depuis 2018, je donne la parole aux acteur·ices locaux et aux initiatives culturelles et sociales de notre territoire.
Avec 20 ans d’expérience en communication, j’accompagne aussi les entreprises, associations et indépendant·es du Vaucluse et de la Région Sud dans la création de leur podcast.
👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Acheter un épisode sur Esperluette à l’écoute du Vaucluse : mettez en lumière votre entreprise, votre association ou votre projet grâce à un épisode produit sur-mesure et diffusé dans le podcast.
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Vous faire accompagner dans votre projet podcast : je vous apprends à produire votre podcast en toute autonomie
Pour les malentendants, une version sous-titrée de l’interview de Jessica sera bientôt disponible sur la chaîne Youtube Esperluette Podcast
(Marie-Cécile) : Et si on utilisait la fleur de safran pour en faire des cosmétiques ? Pour en parler, je vous emmène dans le laboratoire 4e, à Avignon, à la rencontre de Jessica Hamou.
Elle a créé en 2007 la marque Kesari puis son laboratoire de produits cosmétiques bio (crèmes, huiles végétales et savons). C’est une histoire de rencontres qui amène à la création d’un produit innovant, local et respectueux de l’environnement. C’est l’histoire d’une créatrice d’entreprise qui croit en son produit mais qui a dû évoluer personnellement pour développer un modèle économique qui lui ressemble. C’est l’histoire aussi du lien entre la Provence et le safran, histoire que l’on connaît finalement très peu.
Je vous propose donc d’écouter toutes ces histoires et de rencontrer Jessica qui a pour ambition de promouvoir le mieux consommer dans les cosmétiques. Bonne écoute !
(Jessica) : Je suis Jessica Hamou. J’ai créé l’entreprise Laboratoire 4e qui est une entreprise de cosmétiques bio basée à Avignon et au sein de ce laboratoire j’ai une marque de cosmétiques qui s’appelle Kesari autour de la fleur de safran. Je suis passionnée de cosmétiques depuis de nombreuses années. J’ai travaillé dans le milieu de la cosmétique et de la cosmétique bio et j’ai voulu me lancer dans la création d’entreprise en 2007.
Quand j’ai quitté le monde salarié, on était en octobre et le safran se récolte une fois par an en octobre. Et à ce moment-là, j’ai rencontré un safranier qui est basé à Entrevennes dans le 04, et il m’a parlé de la culture du safran, de la manière de cultiver, de récolter et surtout le fait que le safran c’est issu d’une fleur. C’est la seule épice issue d’une fleur. On enlève le stigmate et le reste de la fleur était non utilisé. Donc je me suis dit que je pouvais travailler sur une valorisation de ce produit.
L’idée, c’était au départ de créer une entreprise et cette rencontre a propulsé le projet de travailler autour de la fleur de safran et de créer une marque autour de la fleur de safran. Je viens du milieu de la sous-traitance. Mon métier, c’était de créer des marques pour les autres. Je voulais créer une entreprise, un laboratoire de sous-traitance au tout départ et c’est cette rencontre avec le safranier qui m’a fait passer du côté marque aussi. J’avais toute la recherche autour de la fleur de safran qui m’intéressait et de développer autour de ce produit, mettre en avant ce produit, mettre en avant ces hommes et ces femmes passionnés par la culture du safran, un produit qui était local puisqu’en fait c’est une production française et provençale. Pouvoir mettre en avant tout ça c’était pour moi très intéressant et très important.
A l’époque, donc ça remonte maintenant parce que c’était il y a douze ans, j’étais donc responsable développement en laboratoire de cosmétiques et dans mes temps libres je faisais de l’intervention industrielle dans les universités. J’ai contacté les universitaires, on a fait une recherche et on a déterminé qu’il y avait 130 documents sur le safran uniquement au niveau international, ce qui est absolument rien. Par exemple, pour l’olive on est à plus de dizaines de milliers de documents. Du coup, je me dis génial il y a tout à faire ! Et après le côté plus négatif on va dire, c’est que du coup s’il y a tout à faire on essuie aussi les plâtres. (rires)
Comme je suis Avignonnaise d’origine, à Avignon, il y a une université avec un laboratoire spécialisé en antioxydants. J’ai fait appel à eux pour voir si on pouvait trouver des antioxydants puisque l’antioxydant c’est une molécule très intéressante en cosmétique. Enfin, moi je la conseille à tous parce que les antioxydants vont permettre de protéger la peau contre les agressions extérieures, contre le soleil. C’est vraiment un soin quotidien idéal pour la peau. Les couleurs donnent une indication scientifique. Le violet est souvent, c’est comme dans le cassis, le raisin, en fait le violet on va retrouver souvent des anthocyanes et les anthocyanes c’est une catégorie d’antioxydant et en effet dans la fleur de safran on retrouve un gros composé qui est dans la famille des anthocyanes. Il y a eu un travail à la fois pratique, avec les chercheurs de l’université et l’INRA du Vaucluse. Ce qui était intéressant c’est d’arriver à extraire aussi une petite partie de la famille des caroténoïdes, d’avoir une synergie d’antioxydants dans la fleur de safran. C’était intéressant de valoriser ces deux antioxydants au sein de la fleur pour après le mettre dans un soin cosmétique.
Moi en parallèle puisque mon métier c’est de créer des produits cosmétiques, je mettais en place la recherche sur la création des crèmes pour incorporer l’extrait de fleurs de safran qui allait être finalisé avec la recherche de l’université. Pour fabriquer et surtout vendre un produit cosmétique on doit répondre à des réglementations. Alors cette partie là, comme c’est mon domaine, pour moi c’était pas compliqué. (rires)
Mettre en place, créer les produits et après travailler sur la réglementation des produits cosmétiques c’était simple, après ça demande beaucoup de temps et d’énergie. Mais à ce moment-là en tout cas ça n’a pas été compliqué du tout parce que c’est quelque chose que j’avais l’habitude de faire puisque je viens du milieu de la sous-traitance et que je travaillais pour plus de 40 marques françaises quand j’étais salariée. On faisait, parce que dans la sous-traitance il faut aller très vite, j’ai réalisé presque 100 produits par an. Là sur Kesari j’en avais quatre à faire (rires) c’était facile ! Au tout départ quand j’ai créé j’ai suivi la réglementation évidemment mais par contre j’ai fabriqué moi-même les produits chez mes anciens patrons. Du coup j’ai fabriqué chez eux et c’est par la suite que je suis devenue artisan et que j’ai fabriqué moi-même au sein de mon propre laboratoire.
Quand on fabrique soi-même il faut qu’on respecte des BPF, « les Bonnes Pratiques de Fabrication », faut être enregistré à l’ANSM, l’Agence nationale de Santé et du Médicament. Aujourd’hui j’ai une certification qui est la certification Bureaux Veritas. Si on a une certification mais qu’on est juste revendeur même si je fabrique dans une usine en fait on n’a pas les mêmes contraintes que si on est fabricant. En tant que fabricant j’ai deux audits par an, à l’époque j’avais un audit par an là j’en ai deux. J’ai mes formules qui sont certifiées et j’ai le laboratoire qui est certifié. Du coup quand j’ai démarré j’avais choisi de ne pas avoir ça et ce qui me permettait que ce soit plus simple pour lancer et au final après j’ai intégré le laboratoire.
Les premiers produits Kesari sont sortis en 2010, c’est toujours les mêmes d’ailleurs. Il y en a juste deux de plus depuis. Ce sont des produits bio. Ce sont des valeurs que j’ai depuis toujours. Pour moi c’était une évidence de faire du bio. Je travaille donc avec des producteurs bio et ensuite pour le produit lui-même j’ai un cahier des charges d’entreprise. Les emballages sont fabriqués en France, les encres sont végétales sur les étuis, les étiquettes de mes flacons également, les étuis sont aussi en PEFC donc ça veut dire que c’est le bois issu des forêts gérées responsablement.
Entre 2007 et 2010, c’est trois ans de recherche et aussi d’investissement… Donc quand j’ai cherché auprès des imprimeurs c’était quasi impossible, il y avait très peu d’imprimeurs qui avaient des papiers PEFC. C’est vrai que c’était compliqué à ce moment-là d’avoir des emballages éco-responsables. Quand j’ai créé les produits, ce que j’ai fait pour essayer de trouver l’équilibre, c’était de prendre des étuis les plus serrés possibles c’est-à-dire d’avoir le flacon et en fait pas d’espace parce que souvent en cosmétique on a des gros étuis avec le petit flacon à l’intérieur et en fait comme ça on est énormément visibles, on a un gros packaging mais en fait du coup on consomme du papier. On est dans la surconsommation.
J’ai choisi de ne pas faire ça et du coup ça a été compliqué parce que j’ai été refusé en boutique à cause de ça, parce que j’avais un emballage qui était trop petit et donc moins visible par rapport à mes concurrents. J’ai même pas pensé à me dire je vais faire comme tout le monde. Pour l’anecdote, quelques années après, je ne sais plus quand, j’avais assisté à une conférence d’éco-emballages où ils avaient remis un prix à une entreprise qui avait réduit son packaging, qui l’avait resserré donc il avait eu un prix pour réduire alors que moi j’avais réduit dès le départ mais… (rires) Donc c’est vrai qu’à l’époque c’était plus compliqué, aujourd’hui tous les imprimeurs donnent la possibilité d’avoir du PEFC. Cette histoire de réduire c’est logique, ça ne l’était pas du tout il y a dix ans. J’ai tenu le coup et vraiment choisi de ne travailler qu’avec des personnes qui avaient des valeurs identiques aux miennes. Je suis une petite entreprise, je travaille avec des petites entreprises également.
Le safranier que j’ai rencontré à l’époque, donc en 2007, c’était un safranier qui était déjà certifié bio et il faisait partie d’une association de safraniers. Ce que j’ai fait à ce moment-là c’est que j’ai contacté tous les safraniers de l’association pour leur exposer mon projet, faire les recherches, avoir la matière première et faire la recherche avec cette matière première.
Et ensuite faut savoir que le safran en Provence il y en a beaucoup puisque c’est historiquement, par exemple, en Vaucluse, on a des lieux-dits qui s’appellent la safranière à Vedène par exemple. En fait le safran en Vaucluse c’est une culture qui était historiquement très importante jusqu’à il y a 500 ans. Sauf qu’il y a 500 ans, ça a été abandonné, donc forcément nous à cet instant précis on a oublié cela. Comme ça a été abandonné, on a l’impression que le safran n’a jamais été en Provence, pourtant on a été producteur mondial à une époque et on avait des quantités supérieures à l’Iran. C’est plus du tout le cas aujourd’hui.
Le safran était utilisé comme monnaie d’échange. Il était utilisé pour les teintures. Aujourd’hui on ne se verrait pas teindre avec du safran ! On a retrouvé des recettes de pâtes au safran, c’était un plat commun et il c’est vrai que dans l’inconscient collectif aujourd’hui on a oublié ça. Kesari c’est un prénom indien qui veut dire « fleur de safran » et du coup ça m’a rappelé ce partage d’histoire entre l’Inde et la Provence. Si on parle du costume provençal qui est connu, dans l’inconscient collectif le costume provençal est provençal mais en fait son histoire vient d’Inde. C’est ça qui est intéressant, parce qu’en fait c’est rappeler aussi cette histoire. C’est ça qui me passionne aussi dans cette fleur.
Une fois que tout est prêt maintenant il va falloir vendre. Je me lance dans cette entreprise, je suis seule à bord donc là en fait c’est une partie, la partie commercialisation, qui n’est pas du tout mon domaine. Quand on crée si on pense qu’on ne va pas y arriver je crois qu’on ne crée jamais. Donc en fait à l’instant T je n’ai aucun doute que je vais arriver à vendre. Mais j’ai quand même rencontré des difficultés.
Contrairement à la mise en place des produits ça a été difficile parce que là il fallait vraiment avoir encore plus de polyvalence, c’est-à-dire que créer un produit cosmétique, dans une petite structure il faut être polyvalent dans un domaine qu’on connaît. Et là en fait la polyvalence est au niveau commercial, au niveau marketing, au niveau communication, au niveau ben réaliser une interview… donc tout ça c’était une partie que je ne connaissais absolument pas.
J’ai pas du tout appréhendé ces parties-là quand j’étais salariée, il y a plein de choses qui me dérangeaient. Moi je pars du principe que s’il y a quelque chose qui te dérange il faut partir. Je me dis je ne peux pas râler tout le temps et rien faire. Du coup j’ai créé mon entreprise parce que j’en avais marre de râler. Et j’ai été hyper épanouie de créer. Pendant les trois ans, j’ai travaillé 18 heures par jour mais j’étais aux anges. Je n’ai pas eu de vie pendant trois ans. J’ai vécu un truc pour moi c’était exceptionnel ! J’ai fait la route des safraniers, j’ai fait comme bienvenue chez les ch’tis quand il va voir tout le monde et qu’on les invite à boire et bien moi je suis allée voir tous les safraniers, on me disait un café, un café, un café, au bout de la journée j’avais bu 12 cafés ! (rires) C’était des rencontres, c’était génial !
Et là je me dis mais comment tu peux avoir créé une entreprise pour finalement faire le pire truc au monde ? Quand on est scientifique de formation et qu’on n’est pas sur cette vision commerciale et quand on est quelque part je dirais dans les labos et un peu protégé du monde extérieur finalement, on n’imagine pas forcément tout ce qui est commercial : cela veut dire arrondir les choses, faire passer les choses jolies… par exemple j’avais démarché une chaîne de cosmétiques bio et qui m’a comparé à une marque de cosmétiques. Je savais que cette marque n’avait fait aucun test clinique sur l’efficacité de leurs produits. Alors que j’avais les tests cliniques et que j’avais investi sur les tests cliniques et je savais que moi j’avais des résultats, l’efficacité tout ça. Sauf qu’eux ben en fait leur démarche marketing était meilleure que la mienne.
Ne pas arriver à trouver les mots de vente pour arriver à intégrer la boutique, pour moi c’était horrible. Du coup me suis posé beaucoup de questions et c’est vrai que quand on est dans cette bulle-là on est dans une forme de protection et en fait on se… Moi j’avais un peu peur d’évoluer je crois. J’avais un ami en fait qu’il m’avait expliqué les démarches de commercialisation et quand il m’avait expliqué ça je suis restée scotchée quoi et je me suis dit non mais moi je peux pas. Et il m’a dit pourquoi ? Parce que j’ai l’impression de me perdre si je fais ça ! Donc j’étais bloquée, je voulais pas en fait évoluer et j’arrivais pas parce qu’en fait je ne voulais pas.
Le côté positif c’est qu’au final ça s’est fait, j’ai appris. J’ai appris à voir cette partie commerciale, voir comment les gens et ce qui était le monde en fait tout simplement et de ne pas être aussi dans sa bulle. Ça a été au final positif mais sur l’instant, commercialiser les produits, ça a été plutôt négatif pour moi quoi. En fait j’ai pas lâché parce que je croyais en mon produit. Je n’avais aucun doute sur mes produits, sur la démarche qui était d’être un soutien à une filière provençale de safran, permettre à des personnes d’avoir un produit bio sain et efficace. C’était ça aussi… Je n’ai pas lâché parce que j’avais des convictions profondes et un « pourquoi », une raison profonde qui était ancrée. Donc je ne pouvais pas lâcher. Je pense qu’il faut avoir confiance dans ce qu’on fait. Moi le problème je crois que c’est que j’ai eu des doutes pas sur mes produits mais sur moi.
Si on en croit en ce qu’on fait, il faut vraiment aller chercher à avoir confiance en soi. Le conseil que j’aurai c’est de ne pas lâcher, et d’être accompagné sur sa confiance en soi-même. Ce que j’ai pu vivre malgré des difficultés en tant que chef d’entreprise, je ne l’aurais jamais vécu en tant que salariée. Ça, pour moi ça n’a pas de prix !
Alors aujourd’hui, dix ans après, je me suis posé les questions de ma vraie valeur ajoutée, de là où j’étais compétente… Ce qui me plaisait comme je suis dans le partage et l’échange j’ai commencé à faire de la formation en cosmétiques. Cette année la formation cosmétiques bio s’est développée. Ce qui correspond totalement à ce que j’aime, c’est-à-dire la pédagogie pour créer un produit. Et puis à travers le site internet laboratoire4e.com d’amener le maximum d’informations et de transparence sur les produits pour le consommateur et de vendre en fait en direct auprès du consommateur. Et puis surtout faire des petites séries. En fait ne pas avoir trop de stock dehors ça me permet de gérer ma trésorerie.
J’ai élargi la gamme Kesari qui aujourd’hui a des savons. Et je propose des huiles végétales bio, qui sont incorporées dans les soins Kesari, à la commercialisation sous la marque Laboratoire 4e, puisque ce sont les produits du laboratoire. Et là je travaille aujourd’hui sur des nouveaux produits. L’idée aussi des formations pour venir au côté artisanal c’est justement d’intégrer via la cosmétique le circuit court. Si on rayonne dans son rayon local en fait on peut arriver, comme un producteur local ou une boutique locale, à vivre de son activité. Il n’a pas besoin d’être vendue à l’autre bout du monde… Après si on a cette opportunité pourquoi pas, mais… Du coup tu crées de l’emploi, tu crées des gens qui sont passionnés et en fait tu peux arriver à recréer un circuit court sur un domaine qui est la cosmétique. C’est évidemment un autre rapport aux produits puisque, en tout cas dans mon cas, je connais les fournisseurs avec qui je travaille, je connais aussi mes clients… Il y a vraiment une démarche de proximité.
Je travaille sur le lancement du blog aussi via le site internet pour donner l’information de ce que les personnes vont mettre sur la peau. En fait il y a à peu près 27 % des gens aujourd’hui qui consomment, au moins de manière occasionnelle en bio, mais de l’alimentation. On a ancré que ce que l’on mange a un impact. On n’a toujours pas ancré le fait que ce qu’on met sur la peau a un impact aussi. Sachant que la peau c’est un tissu vivant donc ce que l’on met sur la peau c’est comme ce que l’on ingère. C’est la peau qui l’ingère donc au final c’est nous ! Les gens ne se rendent pas compte de ça. On parle des perturbateurs endocriniens, il y a une action sur les perturbateurs endocriniens. De la même façon il y a des composants comme par exemple l’EDTA qui est un actif qui est latent mais en fait il est ultra nocif pour l’environnement. Donc s’il est ultra nocif sur l’environnement, quel est l’impact de ce produit sur notre peau ? Après il y a des solutions. Mon objectif c’est de permettre aux personnes d’avoir une prise de conscience sur ce qu’ils achètent, d’avoir la connaissance aussi, c’est-à-dire que plus on a la connaissance plus on peut mieux choisir ce que l’on utilise.
Je me sens très heureuse en tout cas très heureuse d’avoir mon entreprise et d’être dans le développement d’un projet qui a du sens pour moi et la communauté, pour tous les gens avec qui je travaille parce que je travaille avec beaucoup de personnes. Et pour tous les consommateurs qui utilisent mes produits (rires). Je trouve ça exceptionnel ces rencontres. Je suis très heureuse et après il y a un côté des fois ambivalent parce que j’essaie de faire ma part du colibri en tout cas au mieux de ce que je peux faire et parfois je peux être désespérée ou attristée par ce que je peux voir autour de moi.
Comme on a pu le lire par exemple, un français sur trois qui jette ses détritus en conduisant par la fenêtre, ça pour moi c’est juste même pas concevable un instant. Donc ça ça me révolte toujours évidemment ce qui se passe aujourd’hui avec l’Amazonie, l’Afrique, tous ces incendies… Il y a ce côté là quoi qui est des fois difficile.
Ce qui m’inspire en ce moment c’est… En fait j’ai été accompagnée par un coach SANE. C’est un système d’alignement neuro-émotionnel qui met en place des exercices au quotidien pour travailler son muscle du bien-être. Justement par rapport à tout à l’heure ce qu’on parlait sur les côtés un peu négatifs… c’est de vivre ces moments négatifs mais le plus court possible, que ça ne nous impacte pas trop. Il a été créé par une personne qui s’appelle Mani Hesam. Il a écrit un livre sur le muscle du bien-être. En ce moment c’est mon esperluette. Restée connectée à soi et à la nature.
Avec ma fille, tous les matins on va voir les arbres que l’on a dans le jardin et on prend du temps avec la nature. Ce que je voudrais rajouter c’est de rester connecté à l’univers d’où d’ailleurs 4e qui veut dire les quatre éléments.
(Marie-Cécile) : Merci Jessica de nous avoir montré que la persévérance n’empêche pas une remise en question personnelle. Il t’a fallu quelques années pour développer un modèle d’entreprise qui te correspond. Aujourd’hui tu te retrouves dans l’artisanat, le bio, l’ancrage local et la transmission de ton savoir-faire.
Si vous souhaitez retrouver les produits et les conseils de Jessica Hamou rendez-vous sur son site laboratoire4e.com et sur les réseaux sociaux. Si vous souhaitez développer une marque de cosmétiques bio, elle donne également régulièrement des formations où elle partage son expertise en biologie et son expérience d’entrepreneur.
De mon côté je vous souhaite une très belle rentrée. N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires ou vos idées d’interviews sur les réseaux sociaux à Esperluette Podcast et pensez à mettre des étoiles sur Apple podcast pour soutenir Esperluette. A une prochaine je l’espère-luette évidemment !