rencontre avec Geneviève Beaux

Geneviève Beaux, être sa propre inspiration et se donner du temps

Et si je partais pour un tour du monde en CDI …?

C’est l’idée folle de Geneviève Beaux et qu’elle est en train de concrétiser en ce moment-même. Départ prévu avec son camion Gripoil début 2020 et j’ai eu envie d’enregistrer son témoignage à quelques semaines de son grand départ (suite à la crise sanitaire, Geneviève et Gripoil ne sont pas encore partis au bout du monde, patience et longueur de temps…) . Geneviève fait partie de ces personnes qui m’ont aidée à mieux me connaître et qui ont rallumé, comme elle dit, la poussière d’étoiles qui est en moi pour que j’avance et que je trouve le chemin qui me permette de me réaliser.

J’ai donc voulu partager avec vous son parcours, les étapes de sa vie qui l’ont amenée à faire le choix de devenir nomade.

C’est le début d’un voyage, la réalisation d’un rêve et à mon sens une belle source d’inspiration que vous ayez en tête de tout quitter ou juste de faire un petit pas supplémentaire vers une vie qui vous ressemble plus.

Bonne écoute

Merci Geneviève pour ce moment d’échange qui restera gravé en moi. Je vous souhaite à Gripoil et toi un voyage parsemé de belles rencontres. S’il n’y avait que deux choses à retenir de cet épisode, c’est d’être sa propre inspiration et de se donner le temps de réaliser ses rêves. 

Je vous laisse réfléchir à cela, de mon côté je continue à réaliser le mien, faire que ce podcast inspire, diffuse une énergie positive et valorise mon territoire.


Les Esperluettes de Geneviève:

Mantra amérindien : « La beauté devant moi je marche avec elle, la beauté derrière moi je marche avec elle, la beauté à côté de moi je marche avec elle, la beauté en dessous je marche avec elle, la beauté au dessus de moi je marche avec elle, et la beauté en moi je marche avec elle »

et son compagnon de route Gripoil

Cités également par Geneviève :

La gouvernance partagée avec l’Université du Nous

Virginie Bosco – La Voix des Contes  inspirée de Jean-Pascal Debailleul

Crédit photo : Serge Gutwirth (portrait) – Geneviève Beaux (cover de l’épisode)


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Propos recueillis par Marie-Cécile Drécourt



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Vous pouvez également lire l’intégralité de l’interview ci-dessous : 

Marie-Cécile Drécourt : « Et si je partais pour un tour du monde en CDI ? C’est l’idée folle de Geneviève qu’elle est en train de concrétiser en ce moment même. Départ prévu avec son camion Gripoil début 2020 et j’ai eu envie d’enregistrer son témoignage à quelques semaines du grand départ. Geneviève fait partie de ces personnes qui m’ont aidée à mieux me connaître et qui ont rallumé, comme elle le dit, la poussière d’étoiles en moi pour que j’avance, que je me réalise telle que je suis réellement. J’ai donc voulu partager avec vous son parcours et les étapes de sa vie qui l’ont amenée à faire le choix de devenir nomade. C’est le début d’un voyage, la réalisation d’un rêve et à mon sens une belle source d’inspiration que vous ayez en tête de tout quitter, ou juste de faire un petit pas supplémentaire vers une vie qui vous ressemble plus. Bonne écoute ! »

Geneviève : « Je suis quelqu’un qui a décidé il y a un an de partir à l’aventure parce que ça fait … ça faisait 40 ans que j’en rêvais et que je me l’offre enfin. Ca fait un an que je suis devenue nomade, sans attaches et je vis une vie qui correspond vraiment à mes rêves. Il n’y a pas longtemps j’ai ouvert un petit magazine et j’ai lu une phrase d’une femme, une africaine dont malheureusement je ne me souviens pas le nom, c’est bien dommage, qui disait ‘si vos rêves ne vous font pas peur c’est qu’ils ne sont pas assez grands’ et j’ai trouvé ça vraiment très très vrai. Parce que moi souvent il y a mon ami d’en haut, la locataire de mon cerveau qui s’effraie un peu de ce que j’essaie de faire ou de ce que je fais tout simplement, mais c’est bien, c’est bien d’aller dans ses zones d’inconfort pour vivre vraiment et pas survivre. [musique]

Un début de vie vraiment dans cette société, pleinement. J’ai bossé pour la grande distrib. J’ai bossé pendant 15 ans comme ça à être responsable d’equipe dans plein d’endroits. Ca m’a énormément appris sur plein de choses et à commencer sur moi et puis sur les gens aussi parce que le lien aux autres c’est vraiment quelque chose qui m’importe plus que tout. Le lien aux autres, aux autres humains c’est le lien à la vie et ce lien à la vie j’ai appris à le connaître et à en connaître la valeur. Et dans tout ce que j’ai fait dans cette vie, dans ces vies d’avant, même si c’était dans les clous du commerce, de ce qu’on appelle aujourd’hui le système, c’était pour moi le seul point de vision, la seule perspective qui me réjouissait c’était d’être en lien avec les gens avec qui je travaillais. J’ai jamais été très préoccupée par mes objectifs commerciaux. Donc voilà il y a une première vie de 15 ans de commerce et puis après un changement de vie, parce que quand même au bout d’un moment je me suis rendue compte que je faisais vraiment le grand écart dans cette vie là. J’avais la chance de travailler pour une société qui offrait des reconversions dans des conditions très confortables et comme je m’étais donnée cette chance de bosser dans cette société là, même si ce n’était pas forcément très agréable, j’ai pu faire une belle reconversion. Ma première tentative a été de concilier ma passion pour la nature, pour la vie sauvage et mon travail. Donc je suis repartie en études dans un BTS gestion et protection de la nature. Ca m’a permis un grand virage pour sortir déjà d’un premier système dans lequel j’étais restée coincée pendant 15 ans. C’est là où la véritable aventure a commencé et j’ai enchaîné plein d’autres années pour arriver jusque là. Cette volonté de quitter le monde classique, de la société de travail classique c’était d’arrêter de ne pas être moi quand j’allais au travail. J’avais déjà tout un parcours personnel de recherche de mon ‘je suis’ pour arrêter de jouer des rôles et devenir moi et je me rendais bien compte qu’il y avait une dissociation quand j’allais au boulot. Aller au travail me demandait de rentrer dans un rôle qui n’était pas moi et c’était de plus en plus souffrant. Donc cette première reconversion n’a pas fonctionné très longtemps parce que je suis retombée dans les ornières. C’est pas tellement évident de s’extraire comme ça ex nihilo d’un processus dans lequel on baigne depuis notre enfance parce qu’on nous a dit que ça se fait comme ça et que ça doit être comme ça. Donc au bout de deux ans et demi là où je bossais, bon une superbe aventure dans une agence de photo magnifique mais où je suis retombée dans un rôle où on me demandait de faire du commerce et je ne voulais plus faire ça (rires),… Pendant ce temps là pour mon épanouissement j’étais rentrée dans une formation de massage thérapeutique pour lequel je disais que c’était juste pour moi et je faisais rire tout le monde parce que ça paraissait assez évident aux autres … moi je ne voulais pas le regarder, que j’en ferai quelque chose professionnellement. Quand je suis arrivée au bout de cette aventure de l’agence photo nature je suis devenue thérapeute, je suis devenue somatothérapeute. Ca c’est quelque chose qui a été le fil conducteur de toute cette autre partie de vie même si c’est pas le seul parce que je ne sais pas rester à faire qu’une seule chose à la fois. J’aime bien faire plein de choses en même temps. Cette activité thérapeutique m’a remis complètement en perspective ce que je faisais déjà quand je travaillais dans le monde du commerce c’est-à-dire que mon but avec les gens qui travaillaient avec moi … mon but c’était le vivre ensemble, le partage et le bien-être des gens. Et ils me le rendaient en résultats commerciaux. Moi mon objectif c’était est-ce qu’ils vont bien et ça c’était chouette. Je me suis rendue compte de ça après. Il y a des fois… enfin c’est même souvent, une fois qu’on a franchi un cap, on remet en perspective notre vie d’avant et on comprend pas ce qu’on était en train de faire avant. J’ai vécu des moments profondément passionnants, merveilleux parce que pour moi l’humain est d’une richesse extraordinaire même quand ils essayent de se détruire. Il est d’une créativité et d’une inventivité folle et comme la vie est un perpétuel équilibre / déséquilibre quand je peux observer quelqu’un qui est malheureusement dans une période de destruction, je sais que chez cette personne là il y a la même possibilité de création de l’autre côté et qu’il faut juste aller toucher la poussière d’étoiles en elle pour que ça émerge et que la personne s’épanouisse à nouveau dans sa partie créative, positive, lumineuse. Quand on est sur son chemin la vie offre des cadeaux. [musique]

Quand on est sur son chemin, la vie offre des cadeaux perpétuellement. Ce sont des synchronicités constantes, constantes ! Il suffit juste d’ouvrir les yeux. Les Colibris c’était heu… que ce soit Pierre Rabhi, le journal Kaizen, les gens des colibris c’était déjà pour moi quelque chose d’évident dans mon processus de choix de vie et j’avais cette idée, je me disais ‘Waouh, une antenne Colibri Avignon ce serait génial ! » Et je ne me donnais pas le temps de le faire et puis d’un seul coup, j’entends qu’il y a un bout de femme là qui dit ah je vais créer les Colibris d’Avignon, c’est la deuxième réunion. Et là j’ai dit : ohoh, j’y vais !!! Et je suis allée, voilà c’était Séverine qui mettait en place la deuxième réunion pour la création des Colibris d’Avignon. Je me suis présentée et toutes les deux ça a matché tout de suite. C’était le début d’une grande amitié, qui continue encore aujourd’hui et dont je suis profondément heureuse. Séverine fait aussi partie des cadeaux de ma vie. Quand on s’est rencontrées moi je lui ai donné mon point de vue sur comment je voyais le fonctionnement d’une antenne Colibri et je crois que ça lui a parlé profondément et elle a dit banco. Donc ma goutte d’eau à l’édifice des Colibris d’Avignon, ça a été d’amener ce que je vivais moi à l’époque sur ma formation en gouvernance partagée grâce à l’Université du Nous. Et je précise pour tous ceux qui vont dire « mais c’est quoi cette histoire ? » c’est réapprendre à vivre ensemble non pas en mode pyramidal, hiérarchique mais en cercles où on décide ensemble, de façon efficace, pertinente rapide et respectueuse de chacun. Et ça fonctionne, ça fonctionne d’un point de vue sociétal ça fonctionne d’un point de vue humain, c’est fantastique. C’est un rêve-évolution vraiment, vraiment, vraiment pour tous ceux qui rêvent d’un autre monde je les invite, que ce soit avec l’Université du Nous, que ce soit avec d’autres, je vous invite vraiment à aller goûter la gouvernance partagée, ça change la vie. Mais ça vient nous gratter souvent là où ça fait mal aussi (rires) Cette deuxième réunion des Colibris avait attiré je pense déjà un certain nombre de personnes mais là la magie de la vie, parce que la vie est un grand tour de magie, nous a mis en lien 6 lutins, 6 joyeux lutins qui sont devenus le coeur des Colibris d’Avignon. C’est cette jubilation de la création et de la création ensemble pas tout seul dans son coin, c’est tellement fantastique de carburer ensemble même si ça peut représenter des prises de chou énormes et des cerveaux en ébullition (rires) mais quand on se donne le droit, quand on s’offre l’aventures de soi-même avec les autres, il se passe des choses tellement merveilleuses, tellement merveilleuses… et moi ça me ça me touche à chaque fois, ça m’émerveille à chaque fois et je crois qu’une des plus belles choses que j’ai sû apprendre de la vie c’est de garder cette âme d’enfant de s’émerveiller à chaque fois de tout, même du pire, parce que dans le pire il y a aussi des ingrédients du meilleur, je vais le dire comme ça, c’est comme ça que ça me vient. Donc les Colibris d’Avignon c’était une fantastique aventure du meilleur quand même (rires) même s’il y a eu des réunions où on avait du mal à terminer la réunion, on avait du mal à à boucler parce qu’il y avait tellement de choses, c’était tellement fantastique. On avait du mal à contenir nos cerveaux en ébullition, notre créativité, nos envies, nos rêve et puis parce que la gouvernance partagée même si au bout du compte on arrive à quelque chose de complètement efficace et performant, ça demande un investissement. Il ne faut pas se leurrer sur l’investissement de la gouvernance partagée. Chaque jour, chaque instant, chaque semaine, on remet l’ouvrage sur le métier et ça prend du temps de changer de paradigme, de changer de mode de pensée, d’habitudes de fonctionnement parce qu’on a des automatismes qui nous remmènent dans des endroits qui ne correspondent pas à ce que l’on veut obtenir avec le vivre ensemble et le décider ensemble. Donc c’est un gros gros investissement mais qu’est ce que ça vaut la peine !

[musique]

Qu’est ce qui fait que je pars en nomade seul pour un tour du monde en CDI ? C’est comme ça que je l’appelle, c’est mon tour du monde en CDI. Je ne m’oblige à rien, ni en temps minimal ni en temps maximal. Je pourrais dire que c’est l’aboutissement d’une vie quand même puisque c’est un peu l’aboutissement d’un rêve d’adolescente. Quand j’avais 14 ans, je rêvais de faire le tour du monde en sac à dos et ça m’a pris 40 ans pour enlever pelures d’oignon après pelures d’oignon, les peurs et les croyances qui m’empêchaient de faire ça. Après c’est multifactoriel forcément. On va refaire un déroulé arrière, je suis nomade depuis un an et un an plus tôt, dans mes rencontres, dans tous ces tours de magie que la vie propose en termes de rencontres… moi je suis très, très, très friande de me connaître et pour ça je suis friande des outils qui permettent de me connaître. Et la vie m’a offert une rencontre avec une femme qui s’appelle Virginie Bosco et là je vais la nommer pour le coup. Elle vit du côté de Toulon. elle a un métier tout ce qu’il y a de plus classique et en même temps elle fait de la communication animale. Et elle pratique une technique d’introspection qui est basée sur la voie des contes de jean-Pascal de Bailleul. C’est un outil pour répondre à notre questionnement intérieur quelle que soit la question. De la question la plus essentielle en termes de chemin de vie à la question la plus banale sur quelque chose qui nous qui nous tient à cœur à un moment donné. J’ai rencontré Virginie Bosco, j’ai rencontré la voie des contes il y a deux ans, 2 ans et demi je ne saurai plus dire parce que le temps ne veut plus dire grand chose pour moi aujourd’hui. La question que j’ai posée c’est : Où est-ce-que je vais exercer mes talents demain parce que je vivais dans un lieu j’étais déjà dans un processus quand même un peu nomade et j’étais dans un lieu où je savais que je n’allais pas rester. Donc se posait la question du nouveau lieu et quand j’ai demandé à la voie des contes ou est-ce que je vais aller, la seule réponse que j’ai obtenue tout du long du processus – c’est en quatre niveaux d’introspection – la seule réponse que les contes m’ont offert c’est le nomadisme. Et là j’ai entendu ça et mon adolescente là, mon enfant intérieur elle a fait « Joie ! » comme dans ‘Vice et versa’. Joie ! : celle qui saute en l’air, qui écarte les bras, qui écarquille les yeux de bonheur quoi. Parce que c’était ça, c’était ‘enfin tu vas le faire !’ J’ai dormi dessus et le lendemain matin quand je me suis réveillée là c’est : Mon dieu qu’est-ce-que tu as fait ?? qu’est-ce que tu as pris comme décision, au secours !!!’ Donc quand une joie spontanée immense arrive comme ça face à une décision même si on n’a pas l’impression que s’en est une, même si moi je sais que s’en est une déjà dès le départ mais voilà. Parce que moi c’est le matin que viennent aussi beaucoup d’intuitions et que le lendemain matin je me mets à avoir la trouille de ma vie c’est ce que je disais tout à l’heure, quand on a des rêves assez grands on a un peu franchement la trouille. Et là une grande joie et une grande peur je me dis OK c’est ça qu’il faut que je fasse. La question du temps elle est hyper importante dans nos vies, dans la vie de tout être humain, de tout être vivant. Mais la vie elle connait des notions de cycles. La lune, le soleil, les saisons mais il y a jamais de véritable début ou de véritable fin. Et quand on arrive à rentrer dans cette idée que le temps est une invention et aujourd’hui une invention utilisée comme une coercition. C’est-à-dire que l’on met les gens volontairement, de mon point de vue, dans une précipitation, une urgence pour qu’ils ne puissent plus réfléchir, pour qu’ils ne puissent plus ressentir, quelle torture, quelle violence faite à l’être. Parce que quand on prend le temps de se poser et de se regarder, d’oser se regarder tout devient beaucoup plus simple à un moment donné. Ca peut être très effrayant, parce que la liberté, l’immensité de la liberté est quelque chose oui d’assez effrayant, mais effrayant pas dans le sens terrifiant c’est le vertige que ça amène. Mais en même temps c’est enivrant et juste oser mettre un pied devant l’autre pour aller vers ça, donc voilà prendre le temps d’entendre, prendre le temps de mettre en oeuvre, ne pas se juger. Ce fameux juge intérieur qui est tellement puissant et qui n’a d’autre racine que nous-même, c’est génial parce que du coup on a tout pouvoir d’action dessus. Le postulat c’est ‘je fais confiance à la vie pour la ramener dans mon univers, dans mon environnement au moment où c’est le plus opportun pour moi’ Et là c’est le moment. Ca s’est complètement révélé il y a deux ans et j’ai laissé le temps de la mise en place. Là j’ai vraiment laissé le temps de maturer, je me suis adressée à mes peurs en fait, à mes croyances, leur donner l’opportunité de s’exprimer, de se dire, de se révéler et juste dealer avec ça. Me rassurer moi-même, goûter, ça avait quel goût ? Comment j’allais faire ? Pratico-pratique : est-ce que je vends tout ce que je possède et je pars avec un bon sac à dos, avec les bonnes affaires, les bons outils mais voilà le strict minimum. Parce qu’au début je me dis on y va quoi ! A l’aventure… Et puis non moi je ne veux pas me faire violence non plus, je ne vais pas me mettre en danger et ce qui est venu c’est : non, non … Comme je suis en CDI mais que je peux donner ma démission à tout moment si je file ma dem. au bout de six mois je vais pas racheter tout ce dont j’ai besoin pour vivre et que je me suis offert toutes ces années de vie jusqu’à présent. Donc j’ai pris la décision de mettre toutes mes affaires dans un garde-meuble. Je me disais OK je pars avec un sac à dos puis après ce qui est venu c’est ben non j’ai besoin d’avoir un petit truc là cocoon autour de moi donc je me suis dit ah ben non je prendre un petit camion. Puis je vais l’aménager en maison, ça va être mon pote de voyage et puis ah bah tiens ben non je ne vais pas prendre l’avion. Ce compagnon de voyage ben quand je vais arriver devant un océan, je vais le mettre sur un cargo et moi je vais traverser en voilier puis je vais le retrouver de l’autre côté. On continuera l’aventure et ça va être mon ami de voyage, mon pote. Voilà, aussi bizarre que cela puisse paraître à certaines personnes je lui parle. Donc j’accueille ce compagnon de vie qui est là depuis pas longtemps du tout parce qu’en fait si ça fait un an que je suis nomade, ça ne fait que quelques semaines que mon ami Gripoil est arrivé dans ma vie. Donc il s’appelle Gripoil et il est arrivé il n’y a pas longtemps. Ca m’a pris ce temps là aussi de le rencontrer, me donner l’autorisation de vivre.

[musique]

Me donner l’autorisation de vivre pleinement et de ne pas survivre, me donner l’autorisation de prendre le temps et de regarder que le temps n’existe pas, c’est aussi me donner l’autorisation d’accueillir la vie telle qu’elle se propose à moi. Donc de ne rien prévoir. Je n’ai pas de plans de voyage mais j’ai des rêves de lieu parce que je me suis déjà donnée l’occasion de voyager dans bien des endroits sur la planète. J’ai toujours été une amoureuse du voyage et notamment du voyage naturaliste. J’ai eu la chance de découvrir plein d’endroits de nature absolument merveilleux avec les animaux qui sont dans les paysages qui vont avec, ça fait partie de mes grands bonheurs. Dans le monde il y a vraiment des endroits que je veux retrouver, que je veux revoir et il y en a d’autres que je veux découvrir. Et d’un point de vue de la vie qui s’offre à moi à travers la nature c’est sûr que ce n’est pas forcément les villes qui m’attirent même si j’irai les rencontres. Ce sont d’autres espaces de vie que j’ai à découvrir aussi mais d’une autre façon. c’est pas ce qui m’attire en premier mais la façon dont je veux voyager là c’est d’aller à la rencontre de la vie sous sa forme énergétique dans ces lieux qui sont importants pour moi mais je ne veux pas savoir comment ni quand, ça n’a pas d’importance parce que la vie elle, elle sait et quand c’est le moment elle m’amène sur un plat sur un plateau je sais. C’est ça qui est génial aussi. Quand on apprend, quand on goûte ce que c’est réellement que le lâcher prise c’est … Je faisais partie des gens hyper organisés qui prévoyaient tout, qui organisaient. Tout était nickel à la règle au cordeau avant de démarrer et on y passe un temps fou qu’on pourrait utiliser juste à , je sais pas moi : faire de la méditation, contempler, faire la fête avec les potes, pour au bout du compte se rendre compte que ça ne se passe pas réellement comme ça. Même si ça nous a rassuré, parce que c’est ça en fait c’est juste de se rassurer de faire ça, même si ça nous a rassuré énormément de faire ça, ça nous a pris du temps et au bout du compte quand on laisse l’opportunité à la vie, qu’on lui fait confiance, elle nous amène tout sur un plateau. Il y a juste à être centré et en conscience de ses possibilités, en confiance avec soi même que les opportunités que la vie nous amène on est capable de s’organiser avec ça sur l’instant T. Le bonheur est une décision, c’est pas un état, c’est une décision. C’est une façon d’avancer, on choisit toujours. Ca, ça énerve beaucoup de gens. La vie c’est de la décision permanente, c’est du choix permanent, est-ce que je prends un thé ou un café ? une pomme ou une poire ? Est-ce que je me lève maintenant pour aller me dégourdir les jambes ou pas? Et puis après il y a des décisions tellement plus importantes. Donc il y a des décisions simples puis il y a des décisions tellement complexes qui mettent en questions des fois notre vie elle-même. Le jour où je dis ‘ouais je deviens nomade’, je bascule complètement. Et encore aujourd’hui il y a des moments, mon amie d’en haut là dans ma tête me dit tu es sûre là, oui je suis sûre et même si elle a peur c’est à moi de la rassurer. Et en même temps elle voit bien cette amie d’en haut au fur et à mesure que je choisis de mettre mes chaussures dans mes traces, mes pieds dans mes chaussures et d’être sur mon chemin. La vie ne fait que m’offrir des cadeaux donc il suffit d’écouter ça et d’avancer avec ça.

[musique]

Est-ce que à l’époque je me serais imaginée à aujourd’hui ? Au fur et à mesure que l’on avance sur son chemin on change et du coup on n’est plus la même personne. Donc celle qui bossait dans une société très conventionnelle, oui je pense qu’elle aurait peut-être été surprise et en même temps je pense qu’elle aurait dit ‘ah ouais tu vas le faire, trop génial ! Tu vas oser ça bravo! Je sais pas comment tu vas faire, bon courage, bonne route mais si tu vas le faire ben merci ! Je pense que celle qui n’y aurait pas cru, c’est encore celle d’avant. C’était la jeune femme d’avant la vie au travail. Parce que mon estime de moi, ma confiance en moi, elle est passée par le travail. C’est pour ça que je remercie profondément ces 15 ans passés dans la grande distribution, dans le commerce même si ça a été des moments de violences au travail vraiment importantes, je remercie tous les gens qui m’ont appris, tous les gens que j’ai croisés parce que là j ai acquis la confiance en moi. Je me suis réalisée dans cette confiance en moi à travers le travail. L’adulescente peut-être qu’elle aurait porté juste un énorme jugement, du ‘c’est un grand n’importe quoi, ma pauvre …!’ Oui celle-là je pense qu’elle aurait juste laissé émerger l’affreux juge intérieur qui aurait laissé tomber une guillotine infâme. Et en même temps je pense que il y aurait eu la petite fille qui aurait dit : « Oh, tu oses te faire ça, tu oses te juger et te lapider à ce point là !’ Aujourd’hui la petite fille c’est ma compagne de tous les jours. Cette joie dont je parle c’est l’enfant intérieur créatif total. C’est elle qui est à mes côtés tous les jours et je l’aime ! Donc elle, elle est vraiment heureuse aujourd’hui.

[musique]

On a tous des rêves différents et il n’y a pas un rêve qui vaut plus que l’autre. Et on s’en fout de : c’est quoi le rêve ? Ce qui est important déjà c’est de se laisser rêver. Ce qui est important c’est de prendre conscience que la vie c’est pas de respecter des conventions sociales. La vie c’est de réaliser ses rêves. Et pour pouvoir réaliser ses rêves, des fois quand on est au fond du trou, ben des fois déjà on ne rêve plus donc c’est pas une évidence. Donc c’est peut-être juste s’autoriser à rêver de nouveau des toutes petites choses, toutes simples sur heu je ne sais pas … Je me lève le matin et qu’est-ce qui m’apportera un sourire : est ce que ça serait de prendre 30 secondes dans ma vie de fou à me poser face au soleil et à juste prendre une grande respiration, sentir la caresse du soleil sur ma joue ? Est-ce que ça, ça peut pas être un rêve que je m’autorise à réaliser au lieu de courir emmener la gosses à l’école ou au travail avec le stress, machin, etc… Ca peut commencer par ça. Ce que j’ai appris dans la gouvernance partagée c’est la notion du prochain petit pas. Si on met la barre trop sur LE rêve ultime, ça va être compliqué et on risque de se décourager. Quand on a un escalier devant soi si on essaye de monter toutes les marches d’un coup, il y a des chances déjà qu’on se fasse une bonne déchirure musculaire, qu’on se casse la figure et qu’on n’arrive pas en haut de l’escalier. SI on prend une marche après l’autre et puis qu’on fait carrément : on monte une marche et puis on souffle un peu, puis on remonte une autre marche, on souffle un peu, enfin voilà… S’autoriser aussi un palier, s’installer sur le palier même quitte à monter sa tente et à y faire un petit bivouac. Voilà un petit pas après l’autre. Il y a une petite histoire que j’aime énormément, c’est l’histoire du bébé fourmi qui est avec sa maman fourmi et qui a vécu dans la fourmilière, qui a grandi. A un moment donné c’est le grand jour, bébé fourmi doit sortir de la fourmilière et participer à l’activité de la fourmilière. Donc maman fourmi l’accompagne à la sortie de la fourmilière et lui dit : « tu vois le buisson là-bas ? C’est là qu’il y a à manger, c’est là qu’il y a des graines et tu vas aller chercher les graines et les ramener à la fourmilière. C’est ton job de la journée. » Et là le bébé fourmi il regarde le buisson et waouh il est méga loin, il fait : « oh, jamais je vais y arriver ! Je ne peux pas, c’est beaucoup trop loin ! Il y a beaucoup trop de dangers, je ne sais pas faire, je ne suis qu’un bébé fourmi ! » Et là la maman fourmi et lui dit : « Laisse tomber regarde pas le buisson, regarde devant toi, tu mets une patte devant, une patte devant, une patte devant une patte et juste tu te préoccupes de mettre une patte devant l’autre. » Et bébé fourmi a confiance en maman fourmi donc il met un patte, une patte, une patte, une patte et juste la seule chose à laquelle il pensait était de mettre une patte devant l’autre et à un moment il lève la tête et « oh le buisson il est devant !! » Donc offrez-vous la joie de réaliser un petit pas mais aussi minuscule soit-il et aussi … j’ai envie de dire ridicule mais parce que les juges intérieurs et les juges aussi extérieurs s’expriment beaucoup… Osez vous offrir des petits pas ridiculement petits mais osez les faire et surtout célébrez-les, même à l’intérieur. La vie c’est oser, célébrer qu’on a osé et remercier pour ce qu’on a reçu. Et quand on fait ces trois choses là même sur des choses ridiculement petites, sur des choses minuscules ben c’est justement pas ridicule, c’est essentiel parce que ça met des grains de vie et ça vient rallumer les poussières d’étoiles en nous.

[musique] Esperluette [musique]

Alors mon Esperluette du moment…Moi j’ai un cerveau qui part en arborescence tout le temps donc des choses qui m’inspirent mais c’est tout le temps. J’ouvre les yeux, j’ouvre mes oreilles et y’a 3 millions de choses qui m’inspirent. Ce qui m’a environne m’inspire beaucoup. Se laisser inspirer c’est se laisser pénétrer par la beauté qui nous entoure pour prendre conscience de la beauté qu’on a à l’intérieur. Il y a un merveilleux… c’est une espèce de mantra amérindien, les amérindiens du nord, désolée je ne me souviens plus de la tribu, qui dit : la beauté devant moi je marche avec elle, la beauté derrière moi je marche avec elle, la beauté à côté de moi je marche avec elle, la beauté en dessous de moi je marche avec elle, la beauté au dessus de moi, je marche avec elle et la beauté en moi je marche avec elle… Et voilà, et ça eh ben ça vient réveiller en moi cette émotion que je fais partie de cette beauté et si je me laisse pénétrer par la beauté qui m’environne je peux prendre conscience parce que je ne peux percevoir que ce que je suis. Donc si je me laisse pénétrer par la beauté de ce qui m’environne je peux voir la beauté qui est en moi et donc je peux me laisser, parce que l’ultime inspiration c’est moi. Je suis mon inspiration, personne ne peut inspirer et expirer à ma place. Il n’y a que moi qui peut le faire donc inspirer et expirer ma vie il n’y a que moi qui peut le faire et pour avoir le courage de le faire c’est-à-dire de passer de l’état de survie à l’état de vie et de respirer réellement et pas juste de haleter, il faut que je me laisse pénétrer. Voilà ça c’est mon inspiration ultime. Et puis si je devais donner quelque chose de plus pratico-pratique ben mon inspiration du moment c’est Gripoil et puis Valery Arc, c’est un architecte qui vit sur une péniche sur le Rhône et qui est la personne avec qui je vais aménager Gripoil et mon inspiration du moment c’est de travailler avec cet homme-là pour qu’il fasse émerger de moi le meilleur de mes rêves dans mon aménagement de mon compagnon de route et ça oui c’est une belle inspiration du moment ! J’aime bien le duo que je suis en train de mettre en place avec cet homme pour créer ma nouvelle maison, mon nouveau lieu de vie pour je ne sais combien d’années. »

[musique] Esperluette [musique]

Marie-Cécile Drécourt : « Merci Geneviève pour ce moment d’échanges qui restera gravé en moi. Je vous souhaite à toi et à Gripoil, un voyage parsemé de belles rencontres. S’il n’y avait que deux choses à retenir de cet épisode c’est d’être sa propre inspiration et de se donner le temps de réaliser ses rêves. Je vous laisse réfléchir à cela, de mon côté je continue à réaliser le mien, faire que ce podcast inspire, diffuse une énergie positive et valorise mon territoire. J’attends vos commentaires ou idées d’interviews sur les réseaux sociaux à Esperluette Podcast et si vous m’écoutez sur Apple Podcasts pensez à mettre plein de poussière d’étoiles pour m’encourager et faire connaître Esperluette au plus grand nombre. À une prochaine, je l’espère-luette évidemment ! »