Agnès Vourc'h - Apprendre la langue des signes

Apprendre la langue des signes et
appréhender le monde autrement

Et si on apprenait la Langue des Signes Française ?

Pour en parler, j’ai eu la chance de rencontrer Agnès Vourc’h, orthophoniste, linguiste et auteure du dictionnaire bilingue L.S.F / Français.

Les cours de L.S.F que je suis depuis quelques mois sont bien plus que l’apprentissage technique d’une langue mais la découverte d’un monde que l’on peut difficilement appréhender en tant qu’entendant.

Agnès, entendante profonde comme elle se définit, analyse ici cette différence et ce que cela peut apporter d’apprendre cette langue à part entière où le corps sert d’outil grammatical. C’est dans la librairie anglaise Camili Books & Tea (Avignon, 84), lieu où je reçois mes cours de L.S.F, que je vous emmène pour discuter avec Agnès Vourc’h. J’espère que cette interview vous donnera envie de découvrir cette langue si riche.
Bonne découverte !

J’espère que cette interview vous a permis d’avoir une première approche du monde des sourds.  Je suis complètement d’accord avec Agnès, la découverte d’une langue et l’art sont deux bons canaux pour s’enrichir des différences et créer des ponts entre les êtres humains. 

Si vous souhaitez découvrir cette langue à part entière, je vous recommande d’aller regarder quelques vidéos de chant signés, cela vous donnera une première idée du plaisir de s’exprimer par le corps. 

Pour aller plus loin, voici quelques sites :

Plus d’infos sur l’album de comptines en Langue des Signes dont Agnès parle pendant l’interview : http://bit.ly/2Va7OjX

En bas de la page vous pourrez l’acheter en remplissant le formulaire. Tous les fonds récoltés serviront à financer une 2ème édition.

IVT – International Visual Theatre – http://ivt.fr/ivt

Elix : appli de traduction très pratique – https://www.elix-lsf.fr/

La team Sign Events pour découvrir le chant signe notamment : https://www.facebook.com/teamsignevents/

Marie-Cécile Drécourt - production de podcast à Avignon, Carpentras, Vaucluse, Monteux, Orange. Credit Photo : Audrey Papadopoulos

Produit par Marie-Cécile Drécourt

Productrice de podcasts depuis 2018 et anthropologue de formation, je crée des récits audio qui mettent en lumière les personnes, les métiers, les initiatives et les liens qui tissent notre quotidien.
Avec Esperluette, j’explore des histoires humaines, sociales, artistiques ou solidaires, ancrées dans le Vaucluse… et au-delà.
Forte de 20 ans d’expérience en communication et narration, j’accompagne également les entreprises, associations et indépendant·es dans la création de contenus audio authentiques, sensibles et pédagogiques.

👉 Plusieurs manières de travailler avec moi :
Épisode dédié dans Esperluette : un format sensible pour mettre en lumière votre mission, vos valeurs ou vos engagements.
Le Podcast Suspendu® : un dispositif solidaire pour offrir un épisode à une association ou une initiative qui vous tient à cœur.
Podcast en marque blanche : je conçois et produis votre podcast de A à Z, pour porter votre voix et vos histoires.
Accompagnement / Formation : je vous aide à créer et structurer votre podcast en toute autonomie, avec méthode et bienveillance.

Pour les sourds et malentendants cette interview est sous-titrée et traduite en LSF par Agnès sur Youtube 

Mon rêve ultime serait que tous les épisodes d’Esperluette soient traduis en LSF. Si cette idée folle vous tente ou que vous connaissez quelqu’un qui aimerait se filmer bénévolement pour les traduire, contactez-moi 

N’oubliez pas de partager, commenter chaque épisode que vous écoutez, cela permet de faire connaître le podcast et donc de développer notre audience.
Merci à Camilli Books & Tea de nous avoir laissés un espace après le cours de LSF pour l’enregistrement de l’interview.
À une prochaine, on l’espère-luette évidemment 


[musique] Esperluette [Musique]

Agnès Vourc’h : « Bonjour, je m’appelle Agnès Vourc’h. Je suis une jeune retraitée,

mais je vais continuer à travailler quand même dans le domaine qui m’intéresse c’est-à-dire les sourds et

actuellement les sourds

avec troubles associés. Je suis orthophoniste et linguiste et

j’ai travaillé depuis 73 avec des enfants sourds. J’ai été intéressée par la langue des signes,

par la découverte peu à peu,

la découverte du fait que c’était un univers qui m’obligeait à

à changer ma tête et à changer ma manière d’envisager le monde.

Alors j’étais linguiste et orthophoniste, on peut penser que c’est l’oralité mais non, c’est la langue.

On pense toujours linguistique = langue orale,

langue vocale.

C’est vrai que la plupart des recherches linguistiques sont sur les langues vocales.

Ceci étant, c’est sur la langue, c’est pas sur la parole.C’est la grosse différence

entre la langue et la parole. Donc c’est l’étude des structures de langues

en linguistique, bon maintenant ça s’appelle sciences du langage.

Il y énormément d’aspects très différents mais tous ont un point commun c’est la langue.

J’ai été amenée à m’intéresser à la langue des signes, je ne sais pas trop pourquoi…

Quand j’ai fait mes études d’orthophonie, il y a deux domaines qui m’intéressaient :

c’étaient les vraies pathologiques du langage, à savoir l’aphasie et la surdité.

Comme je préférais les enfants, j’ai opté pour la surdité.

Quand j’ai commencé à travailler en 73, on n’avait aucune notion que la langue des signes

pouvait exister, on ne nous en avait jamais parlé en orthophonie.

J’ai découvert la langue des signes d’abord à travers un mime, qui s’appelait Jean-Claude Kishki

et puis

très vite après j’ai fait la connaissance

de personnes sourdes à travers le château de Vincennes où il y a eu le démarrage

d’enseignement de la langue des signes. On était un groupe de 5 / 6 entendants.

Après je suis tombée dedans comme Obélix

et je n’en suis plus sortie (rires).

Quand j’ai rencontré la langue des signes, j’ai été frappée par

le fait que,

en dehors du vocabulaire, la grammaire se passait dans l’espace.

Donc il y avait une dimension tridimensionnelle

qui n’existe pas dans la langue parlée puisqu’elle est

unidimensionnelle,

unidirectionnelle, enfin bi-directionnelle si on veut,

et puis par la rencontre de personnes. Il faut dire que c’était aussi

une rencontre militante puisque la langue des signes

était encore interdite dans les établissements.

Ca a été une démarche très très militante et ça le continue d’ailleurs. Si je me souviens

de mes débuts dans la communauté sourde c’était un peu compliqué parce que

les sourds de ma génération en tout cas et même de celle d’après ont été…

Les sourds qui ont été dans des établissements pour sourds, dans des instituts ont été très opprimés

par les entendants et quand je dis opprimés c’est-à-dire les mains attachées…

J’ai même un copain sourd, qui depuis s’est suicidé d’ailleurs, qui était beaucoup plus jeune que moi

qu’on a attaché la nuit dans un jardin à un arbre toute la nuit.

Alors un sourd dans le noir il devient sourd et aveugle, c’est quand même très très angoissant

et très très sadique.

Donc,

ils avaient une approche des entendants

très méfiante.

J’ai beaucoup d’amis entendants qui,

par désir d’approcher

cette communauté qu’on ne connaissait pas du tout hein,

ont joué à être sourd j’allais dire et se sont trop

mis à la place des sourds et beaucoup de ceux-là

ont été rejetés et violemment, enfin il y a eu beaucoup de violences.

Personnellement, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que moi-même

j’ai passé 6 ans en Italie donc j’étais bilingue déjà. Enfin j’ai jamais joué à être sourde.

J’ai jamais fait semblant que les sourds étaient des entendants non plus.

Je pense que ça doit être ça qui a fait que j’ai été acceptée par la communauté

dont un de mes copains qui m’a dit que j’étais en temps entendante profonde,

ce qui m’a beaucoup vexée au départ parce que j’apprenais la langue des signes, je faisais des efforts.

Et en fait il avait complètement raison. Peu à peu je me suis rendue compte que…

Peu à peu hein, c’est long, c’est lent…

Je me suis rendue compte qu’on ne fonctionnait pas pareil.

Par exemple, tout au début, moi j’étais sûre que tous les sourds me draguaient.

Et en fait pas du tout,

peut-être quelques-uns mais pas tous.

En fait parce qu’ils avaient un rapport au corps qui était très différent,

donc on se touche beaucoup plus.

Et puis je me suis rendue compte par des situations que on ne fonctionnait pas du tout pareil.

Plus ça va, plus je me rends compte qu’on est sur deux planètes différentes,

vraiment par le fait du découpage du monde surtout,

parce qu’ils sont sourds, et on est entendants, parce que sourd ça veut dire

d’appréhender le monde à 180° même pour des sourds de famille sourde,

y’en n’a pas beaucoup mais il y en a donc mais même cela ils appréhendent le monde…

ils ont une langue maternelle signée

ce qui est vraiment très riche et sont moins en difficulté mais

malgré tout, ils n’entendent pas ce qui se passe derrière et ils n’ont pas toutes les informations redondantes

qui ne nous sont pas adressées, ce qu’on appelle, avec mon copain avec qui je travaille depuis 40 ans

et avec qui on refait le monde régulièrement, Rachid Benelhocine,

l’information gratuite. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas

facilement accès à l’information gratuite qui fait partie de ce qui nous construit,

nous entendant dans l’implicite et dans les hypothèses.

Par exemple, tout à l’heure, j’étais dans un café

Il y avait quelqu’un qui préparait du chocolat et

on entendait la machine, donc on savait qu’il allait y avoir quelque chose à boire,

pas forcément du chocolat, si parce qu’on en avait commandé.

Une personne sourde n’aurait pas entendu la machine et

aurait vu arriver le chocolat boom comme ça.

Ce qui n’est pas très grave, mais quand vous le multipliez

quotidiennement dans tous les événements de la vie…

J’ai été orthophoniste, prof, chef de service,

directrice d’un établissement pour sourds

et il y avait des

professionnels sourds qui travaillent avec nous et souvent des autres professionnels entendants

disaient : « il oublie toujours les réunions et patati et patata »

En tant que directrice je faisais très attention parce que je savais qu’il y avait

ce manque de redondance de l’information mais malgré tout …

Par exemple, vous arrivez dans l’école,

puisque là c’était un centre pour sourds, vous vous entendez la secrétaire

qui répond au téléphone et qui dit, elle ne le dit pas à vous,

elle dit : » bon bah écoutez non demain ce ne sera pas possible, il y a une réunion d’équipe ».

Vous avez un tilt qui fait « ah oui c’est vrai il y a une réunion d’équipe ». vous continuez dans le couloir vous entendez des collègues :

« ça me casse les pieds cette réunion, je voulais accompagner mes enfants à la gym »

Hop il y a une redondance de l’information de la réunion d’équipe et comme ça pendant deux jours et donc vous avez vraiment

non seulement le papier disant qu’il y a une réunion, non seulement la directrice qui a dit lors de la réunion d’ équipes d’avant :

« il va y avoir une réunion d’équipe ce jour-là et on va parler de ça ».

Vous avez cette redondance toute la semaine disons

et donc c’est normal que vous l’oubliez pas. Les sourds ils l’auront une fois.Cette conscience là

on n’en a pas conscience bien sûr tant qu’on n’a pas été dans ce milieu mais même quand on en est conscient,

c’est très très difficile à ….

Moi ça fait 45 ans que je travaille avec des sourds,

j’oublie encore.

Je l’oublie encore parce que c’est tellement pas naturel.

J’en ai conscience,

je le sais.Je sais les dangers que ça implique,

les frustrations que ça implique. On dit souvent que les sourds sont paranos.

Or c’est vrai qu’ils peuvent devenir parano parce qu’il y a tellement d’informations qui leur passent au dessus de la tête.

Mais ça m’arrive d’oublier parce que ce n’est pas dans ma construction personnelle .

Quand j’ai commencé à apprendre la langue des signes j’allais dire que la communauté sourde était plus fermée

mais peut-être plus solide en même temps. Puisque là il y a une politique de l’intégration, l’inclusion on appelle ça …

Il y a peu de sourds dans des établissements pour sourds,

des enfants dont je parle,

et ceux qui y sont, de plus en plus ce sont des sourds avec des troubles associés.

Les enfants sourds dits ordinaires

sont dans des classes ordinaires

donc c’est de plus en plus compliqué d’avoir une communauté sourde solide,

ce qui n’est pas très bon pour les enfants sourds.

Enfin bon il y a des groupes, il y a du théâtre, il y a des événements

en langue des signes mais c’est plus compliqué.

En même temps, pour les enfants,

Il y a un peu un retour en arrière du fait des implants.

L’arrivée de techniques

qui s’appellent les implants cochléaires que

certaines personnes, pas toutes heureusement, mais certaines personnes mettent en opposition

le fait d’avoir un implant cochléaire et le fait de pouvoir accéder à la langue des signes pour des enfants sourds.

Donc il y a de nouveau un peu la bagarre des oralistes et

des non-oralistes acceptant la langue des signes. Cette bagarre dont je parle

divise la communauté sourde par rapport à la communauté entendante.

C’est-à-dire que la communauté sourde, la plupart des

personnes sourdes appartenant vraiment à la communauté sourde sont contre les implants encore

en ayant peur que ça va faire disparaître la langue des signes.

Et certains entendants en sont contre les signes parce qu’ils disent que ça va empêcher l’enfant sourd

d’accéder à la langue orale. Donc on est de nouveau aujourd’hui dans une bagarre.

Il y a eu quelques années à peu près tranquille

mais on est de nouveau dans une bagarre. Quoique il faut être très honnête il y a des

équipes implanteuses, c’est comme ça qu’on dit

qui préconisent l’accès à la langue des signes pour les tout petits,

quitte à ce qu’après ils choisissent. Ils ne choisissent pas d’être implantés ou non,

ce qui fait beaucoup débat par rapport à la communauté sourde,

puisque c’est les parents qui choisissent et comme une grande majorité

d’enfants sourds naissent dans des familles d’entendants, il est tout à fait

compréhensible que les parents entendants aient envie que leurs enfants

entendent et donc parlent.

Ceci étant ce n’est pas si automatique

et certaines équipes implanteuses expliquent que votre enfant va entendre donc va parler.

Donc ils forcent un peu la main et actuellement les implants se font vers l’âge de six mois,

même plus jeunes ce qui se comprend au niveau neurophysiologique.

et neuropsychologique dans la mesure où ça permet aux airs auditives

de continuer à être d’être stimulées très très jeune.

Mais ça implique que certaines équipes implanteuses

disent il faut pas utiliser la langue des signes, ce qui, à mon avis, est une bêtise complète parce que

s’ils ont les deux ils choisiront les enfants.

Alors dans l’évolution sociale,

il y a eu le minitel Dialogue

qui a été la premier ouverture pour les sourds. Quand j’ai connu les sourds, enfin les copains,

ils débarquaient à la maison sans prévenir. Il n’y avait aucun moyen de prévenir donc j’entendais sonner,

c’était un sourd qui débarquait et puis aussi bien j’étais pas là et puis il était venu et

c’était comme ça que ça se faisait

dans notre communauté. Internet leur a changé la vie.

Il y 5 / 6 ans, un jour j’étais avec des sourds et je me suis dit

mais qu’est-ce qu’elle fait celle-là à signer toute seule, en fait elle signait avec un copain

par vidéo avec un Iphone.

J’étais complètement subjuguée. Vraiment ça leur a complètement changé la vie .

Avec l’inconvénient que ça a encore diminué

les rencontres entre sourds, mais ça c’est comme pour les entendants.

C’est un et un ce ne sont pas des rencontres et des rencontres à plusieurs.

C’est encore plus dommageable pour les sourds mais ça leur a changé la vie.

Il y a de plus en plus d’entendants qui connaissent la langue des signes.

Pour moi c’est évident que la langue des signes

ne peut être que

riche pour des personnes entendantes.

Non seulement parce qu’apprendre une nouvelle langue c’est toujours riche

mais parce que ça vous oblige à trouver des ressources en vous

que vous n’avez pas l’habitude d’utiliser.

Des ressources

dans votre utilisation de votre corps

puisque il y a beaucoup d’indices grammaticaux qui sont donnés par le corps,

beaucoup d’indices prosodiques, l’intonation etc qui sont donnés par le corps et le visage.

Il y a une structuration de l’espace qui est très différente, qui devient grammaticales

et il y a un rapport à l’attention aussi.

Ce qui est bien quand il y a une réunion par exemple avec des sourds

c’est que, si possible,

on parle chacun son tour et donc on fait attention à l’autre.

Donc il y a une attention à l’autre et une attention à soi-même, il y a une obligation de

changer sa tête, de changer sa manière de

voir le monde.

Je donne des cours de neuropsychologie à des professionnels sourds en langue des signes

directement et je dis directement c’est-à-dire sans interprète, et je ne veux pas d’interprète,

parce que je suis qu’avec des sourds,

je ne devient pas sourde, je suis toujours très entendantes mais j’arrive à me représenter

au plus près la manière d’expliciter les choses

pour des sourds parce que je suis en langue des signes.

La même personne qui connaît ce que je connais, avec l’expérience que j’ai, mais qui parle avec un interprète

n’aurait pas cette dynamique,

ce réflexe. J’explique beaucoup par des schémas, par des images, par des métaphores,

des choses très très complexes.

Si j’étais en français ben je serai en français quoi ! Moi j’ai appris, alors on dit toujours…

Je ne sais plus quel est l’auteur qui disait : « la meilleure manière d’apprendre une langue étrangère c’est sur l’oreiller. »

Moi j’ai jamais fait ça

mais dans des fêtes oui.

C’était l’époque où on faisait beaucoup de fêtes, c’était après 68 aussi.

Il y avait aussi cette dynamique là.

Moi je pense que c’est le plaisir

alors si le plaisir c’est prendre un pot avec des sourds, ben c’est ce plaisir, si le plaisir c’est

d’aller au théâtre oui … Aller au théâtre, aller aux chants signes mais

à condition que ce ne soit pas, comment dire …

Parce qu’il y a des choses qui sont un peu dévoyées actuellement. Il y a des

pièces de théâtre où on demande un sourd de signer

parce que c’est à la mode, parce que ça fait bien.

Là on ne rentre pas dans la communauté des sourds du tout, on utilise des sourds à des fins commerciales.

Enfin je suis méchante mais …Alors ça fait connaître la langue des signes quand même mais ce n’est pas ça

qui va faire ressentir vraiment la surditude comme certains disent.

Personnellement depuis deux ans j’ai travaillé sur un projet qui me tenait à coeur

depuis longtemps avec des professionnelles sourdes que j’avais formées avant

autour de langage et de la neuropsychologie.

On a créé un DVD de comptines en langue des signes.

C’est vraiment des comptines en langue des signes, c’est pas des traductions de comptines française en langue des signes.

Et je suis très contente d’avoir fait ça c’est mon bébé là.

C’est ça que je veux dire c’est-à-dire des pièces de théâtre vraiment conçues par des sourds

pour des sourds et dans lesquelles il peut ou non y avoir

une mise en scène qui permet aux entendants d’y accéder.

IVT fait beaucoup ça, il y a d’autres troupes théâtrales qui font ça et puis il y a d’autres

troupes qui intègrent des sourds pour qu’il y ait de la langue des signes.

Je trouve ça bien parce que tout ce qui peut faire connaître la langue des signes c’est bien

mais par rapport au fait de s’inscrire,

de mieux appréhender

et pas de rentrer dans, de mieux appréhender la langue des signes,

c’est à dire avec tout le découpage du monde que ça implique,

la grammaire, la prosodie,

accessoirement le vocabulaire,

c’est vraiment

les pièces pensées,

mises en scène par des sourds et ça il y en a de plus en plus. L’art est très très important.

Le théâtre, le chant signe, la peinture, la sculpture, il y a des très grands peintres sourds,

il y a des très grands sculpteurs sourds.

L’art est probablement un des ponts les plus riches entre le monde des sourds et le monde des entendants.

Si j’avais un souhait, c’est que le monde des sourds soit plus reconnu.

Mais comment ? Que les gens arrêtent de faire semblant de

de croire que les sourds c’est pareil que les entendants déjà.

Qu’ils reconnaissent les différences mais c’est pour les sourds, c’est pour

handicapés en général, mais c’est aussi pour les migrants, c’est aussi pour …

Si j’ai un souhait dans ma vie c’est que

chacun reconnaisse l’autre tout en restant à sa place. « 

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